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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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H L’ITALIE .

main, qu’une explosion épouvantableacheva d’inspirer la terreur aux villagesd’alentour.

Sur le soir, on aperçut une crevassedans la montagne, et le volcan vomitdes flammes par cette nouvelle bouche;mais, telle fut l’activité du feu et laquantité des matières embrasées, quibouillonnait dans le gouffre, que l’on nevit point de diminution dans la gerbe enflamme qui jaillissait du cratère. Cettematière paraissait enveloppée d’unevapeur sombre, sillonnée sans cessepar des éclairs d’un rouge ardent;tandis que la lave, débouchant par lacrevasse, se précipitait sur Résina.Vers neuf heures, le torrent parut ra-lentir sa course ; le rouge ardent desmatières en fusion commençait àperdre un peu de son éclat, et l’espoird’un calme prochain remplaçait la ter-reur. Cependant la masse de la gerbesupérieure ne diminuait pas ; le reten-tissement ne cessait point, et l’air mu-gissait toujours avec la même fureur.A onze heures, la crevasse recommençaà vomir de nouvelles matières ; lesflammes et la fumée en sortirent avecplus de violence ; elle jeta des pierres,ce qu’elle n’avait pas encore fait. Letorrent reprit son cours avec plus derapidité; la montagne paraissait en feu,tant à cause des flammes, que par uneffet de réverbération sur les tourbil-lons de fumée qui les environnaient.On l’entendit alors éclater avec fra-cas , comme si elle se fût abîmée surelle-même ; et, pendant quelque tempselle tonna de la sorte sans discontinuerLes secousses étaient aussi épouvan-tables que fréquentes ; ce fut alors quetous ceux qui s’étaient obstinés à resterchez eux, en furent arrachés par lafrayeur. Chacun fuyait avec horreurdes lieux que le feu et la terre à la foismenaçaient d’engloutir.

Le 21, la lave accumulée se frayaplusieurs routes, le feu se communi-qua à une forêt de genêts qui couvraitune portion de la montagne , et la ré-duisit en cendres, ainsi que toutes lesplantations sur son chemin. Le torrent,qui avait d’abord coulé vers l’orient,changea insensiblement de direction etse dirigea sur Torre del .Greco . Uneseconde branche prit sa direction à l’oc-cident vers un pont du chemin royal,entre la chapelle del Purgatorio et lecouvent des Capucins. Resserrée entreles arches de ce pont, elle combla unevallée, et s’élevant sans cesse par l’a-bondance des matières, elle pénétradans la chapelle où elle consuma toutce qui s’y trouvait. Forcée de sefrayer un nouveau passage , elle se jetasur le couvent, mit le feu à une petiteporte et pénétra dans l’intérieur oùelle s’arrêta. Le reste du torrent gros-sissant toujours et surmontant tous lesobstacles, s’éleva jusqu’à la hauteurdes cellules des religieux , inonda unepartie du réfectoire et de la sacristie ,et s’avançant sur le bord de la mer s’yarrêta. Ce torrent de feu avait 3,800toises de long, i5o pieds de large et24 de hauteur.

Le 24, on entendit une explosiontrès-forte, des foudres volcaniquessillonnèrent l’atmosphère, mais le feuparut perdre de son activité. L’incen-die alla toujours en décroissant jus-qu’au 29 , qu’il parut éteint. Cepen-dant la fumée continuait toujours noireet épaisse. Les 5 et 6 juin., après unepluie abondante, cette fumée devintblanche, et répandit dans les environsune odeur suffocante de soufre, quiendommagea les arbres à plus de sixcenls pas à la ronde.

Une seconde pluie qui tomba quel-ques jours après, sur les laves encoreardentes , et les lit fumer de nouveau,