puits des environs se desséchèrent. Le16 décembre, au milieu de la nuit, onressentit dans les environs de la mon-tagne de violentes secousses qui durè-rent presque sans interruption jusquevers le matin, qu’on vit une immensecolonne de fumée noire et épaisse s’é-lever dans les airs, et prendre la formed’un pin (i), ainsi que le décrit Pline,dans l’éruptionde ^g.Unenuit obscureenveloppa le golfe ; une ploie de cendreet de sable couvrit au loin les envi-rons; le tonnerre retentit du fond decette masse, et l’obscurité ne fut dis-sipée par intervalles, que par la clartédes éclairs et les globes de feu que lan-çait l’abîme.
Ces convulsions se terminèrent parune explosion. La montagne s’ouvritdu côté de S.-Giovanni-à-Teduccio,un torrent de lave en sortit et se divisaen sept branches , brûlant des jardins,des vignes et des villes. Portici etRésina furent détruits, et la lave, rou-lant ses flots enllammés à la mer, en-traîna après elle une partie des deuxTorre ; une des branches se dirigea versla Madonna dell’ Arco. Ce pays, siriche , n’ollrit plus que les restes d’unvaste incendie. A ces torrens de feu,succédèrent des torrens d’une eaubouillante qui, sortant des flancs delàmontagne, entraînèrent du sable etdes cendres , et dévastèrent ce que lefeu avait épargné. Un tremblement deterre, dont les eflets se firent ressentirà Naples , où des édifices furent ren-versés, vint encoreaugmenterlafrayeurdes habitans, et compléter cette scèned’horreur. Ces torrens d’eau cessèrent,mais ce fut pour recommencer quel-ques jours après avec plus de violence.Qu’ils provinssent des pluies tombéesen abondance les jours précédons, ou
que cette eau eut été pompée dans lamer, et rejetée par le cratère, c’est uneopinion incertaine. Ce qui a pu fairenaître cette dernière supposition, c’estl’agitation extraordinaire qu’on remar-qua dans le golfe, et comme il est rarequ’une opinion, même absurde, ne ren-contre pas des partisans, il se trouvaà Naples beaucoup de personnes quiaffirmèrent avoir vuflotterdans ces eauxde l’algue marine, et des poissons morts.Ce ne fut que le 25 février que l’érup-tion cessa, après avoir duré soixante-dix jours. Le nombre des victimesqu’elle fit fut considérable. L’abbéBraccini fait monter à trois mille lesindividus qui y périrent, et d’autresauteurs vont jusqu’à dix mille. Cinqcents personnesqui se rendaient enprocession vers Torre del Greco , furentnoyées par un de ces torrens.
Ce fut en 1^7 qu’eut lieu la vingt-deuxième, observée par Don FrancescoSerrao, premier médecin du roi deNaples , qui en donne une description,dont voici l’abrégé :
Le Vésuve fumait depuis sept ans.D’après l’opinion généralement admiseparmi les observateurs, que lorsqu’iljette de la fumée, on doit peu craindreune éruption, on était dans la plusgrande sécuriLé. Le i 4 et le i 5 mai,cette fumée se montra accompagnée deflammes; elle augmenta considérable-ment dans la nuit, alors le volcan com-mença à lancer des pierres ardentes,et l’embrasement continua plusieursjours, paraissant tirer son activitéd’une quantilé prodigieuse de soufre,dont le sommet de la montaune était
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couvert.
Le 20, la violence de l’incendie avaitaugmenté, au point qu’on voyait enplein jour la flamme s’élever au-dessusdu cratère. Vers le soir sa fureur re-doubla, et continua jusqu’au lende-