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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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VESUVE . 63

puits des environs se desséchèrent. Le16 décembre, au milieu de la nuit, onressentit dans les environs de la mon-tagne de violentes secousses qui durè-rent presque sans interruption jusquevers le matin, qu’on vit une immensecolonne de fumée noire et épaisse s’é-lever dans les airs, et prendre la formed’un pin (i), ainsi que le décrit Pline,dans l’éruptionde ^g.Unenuit obscureenveloppa le golfe ; une ploie de cendreet de sable couvrit au loin les envi-rons; le tonnerre retentit du fond decette masse, et l’obscurité ne fut dis-sipée par intervalles, que par la clartédes éclairs et les globes de feu que lan-çait l’abîme.

Ces convulsions se terminèrent parune explosion. La montagne s’ouvritdu côté de S.-Giovanni-à-Teduccio,un torrent de lave en sortit et se divisaen sept branches , brûlant des jardins,des vignes et des villes. Portici etRésina furent détruits, et la lave, rou-lant ses flots enllammés à la mer, en-traîna après elle une partie des deuxTorre ; une des branches se dirigea versla Madonna dell’ Arco. Ce pays, siriche , n’ollrit plus que les restes d’unvaste incendie. A ces torrens de feu,succédèrent des torrens d’une eaubouillante qui, sortant des flancs delàmontagne, entraînèrent du sable etdes cendres , et dévastèrent ce que lefeu avait épargné. Un tremblement deterre, dont les eflets se firent ressentirà Naples , où des édifices furent ren-versés, vint encoreaugmenterlafrayeurdes habitans, et compléter cette scèned’horreur. Ces torrens d’eau cessèrent,mais ce fut pour recommencer quel-ques jours après avec plus de violence.Qu’ils provinssent des pluies tombéesen abondance les jours précédons, ou

(i) LePinTarasol, fort commun en Italie . K PI, 44'.

que cette eau eut été pompée dans lamer, et rejetée par le cratère, c’est uneopinion incertaine. Ce qui a pu fairenaître cette dernière supposition, c’estl’agitation extraordinaire qu’on remar-qua dans le golfe, et comme il est rarequ’une opinion, même absurde, ne ren-contre pas des partisans, il se trouvaà Naples beaucoup de personnes quiaffirmèrent avoir vuflotterdans ces eauxde l’algue marine, et des poissons morts.Ce ne fut que le 25 février que l’érup-tion cessa, après avoir duré soixante-dix jours. Le nombre des victimesqu’elle fit fut considérable. L’abbéBraccini fait monter à trois mille lesindividus qui y périrent, et d’autresauteurs vont jusqu’à dix mille. Cinqcents personnesqui se rendaient enprocession vers Torre del Greco , furentnoyées par un de ces torrens.

Ce fut en 1^7 qu’eut lieu la vingt-deuxième, observée par Don FrancescoSerrao, premier médecin du roi deNaples , qui en donne une description,dont voici l’abrégé :

Le Vésuve fumait depuis sept ans.D’après l’opinion généralement admiseparmi les observateurs, que lorsqu’iljette de la fumée, on doit peu craindreune éruption, on était dans la plusgrande sécuriLé. Le i 4 et le i 5 mai,cette fumée se montra accompagnée deflammes; elle augmenta considérable-ment dans la nuit, alors le volcan com-mença à lancer des pierres ardentes,et l’embrasement continua plusieursjours, paraissant tirer son activitéd’une quantilé prodigieuse de soufre,dont le sommet de la montaune était

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couvert.

Le 20, la violence de l’incendie avaitaugmenté, au point qu’on voyait enplein jour la flamme s’élever au-dessusdu cratère. Vers le soir sa fureur re-doubla, et continua jusqu’au lende-