11er ici la narration qu’il nous en alaissée.
Le jet de feu fut de plus de 18,000pieds.
«.Dans les derniersj ours de j uillet,
le feu se manifesta d’une manièreplus décidée : il s’ouvrit une Loucheau sommet qui lança quelques pierres,et d’où sortit une lave qui commençaà l’entrée de la nuit, et qui en deuxheures avait déjà fait un demi-mille.Cette lave descendit le lendemainjusque dans la vallée de Somma ,cessa, et s’éteignit le jour d’après.Le 3 d’août, deux heures avant lanuit, la montagne fit entendre ungrand bruit intérieur, et à la nuit on enaperçut le flanc couvert de quatre oucinq ruisseaux de lave qui partaientdes petites ouvertures qui s’étaientfaites à la partie d’Otlajano, aux deuxtiers de la hauteur de la montagne.Le 4 ) à deux heures après midi, ilsortit du cratère une grande colonne defumée qui s’éleva très-haut. Le soir lesommet jetait une lueur sombre, lalave en sortit de nouveau avec tant d’a-bondance, qu’elle eut bientôt atteintcelle qui sortait parle flanc, et en fermales ouvertures.
» Le 5 , à la nuit, la montagne étaittout en feu ; il n’y avait ni nuage nifumée : une gerbe de feu qui partait ducratère s’élevait en ligne perpendicu-laire à une hauteur extraordinaire. Lalave qui s’épanchait au pied delà gerbecoulait depuis le sommet jusque dansla vallée de Somma, et s’y partageait :une partie tournait du côté d’Oltajano,l’autre prenait la route de l’ermitageet de Résina, ce qui traçait une routeen terrasse diversement colorée depuisle bas de l’escarpement de la montagnejusqu’au sommet. La vapeur embraséequi sortait de ce torrent reflétait sur lamontagne, sur les campagnes des en-
virons, et en faisait un tableau aussibrillant que ceux que nous avons de lafameuse éruption de 1767. Le 6, la gerbes’abaissa presque absolument ; la lavecessa d’avancer, et se décolora presqueentièrement.
» La journée du 7 la montagne futassez tranquille; cependant le soir,entre onze heures et minuit, la lavecommença de nouveau à couler : il vintun gros nuage orageux qui, en s’ap-prochant de la montagne , fit l’effet dela barre de fer que l’on approche dutube électrisé ; il couvrait la montagned’aigrettes et d’éclairs sillonnans. Lalave, qui avait coulé, colorait d’un rougeténébreux le dessous du nuage, et lagerbe du sommet éclairait des nuagessupérieurs de couleur de sang, ce quicommença à ellrayer les liabitans deNaples . Le 8 , au matin, la lave avaitcessé, mais le feu du cratère annonçaitune grande fermentation intérieure. Al’entrée de la nuit la bouche lança degrosses pierres enflammées qui rou-laient du haut de la montagne jusquesen bas. On entendait une rumeur quiannonçait de grands événemens : effecti-vement, à une heure de nuit, la gerbedevint considérable ; le calme était par-fait; il n’y avait pas un nuage dansl’air : le feu de la montagne, par lanuit la plus obscure , éclairait à lire surle môle. Le bruit avait diminué, lors-que tout à coup il s’élança dans l’airune fumée noire à laquelle le feu suc-céda ; la montagne s’ouvrit au sommetdu côté de Somma; la bouche devintimmense, et il s’en éleva une colonnede matière fluide, de fumée et depierres enflammées, qui formèrent unegerbe de feu de dix-huit mille piedsd’élévation, selon le calcul de tous lesgéomètres ; ce qu’il est facile de véri-fier, la hauteur de la gerbe ayant plusde trois fois le diamètre de sa base, qui