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était l'espace du Vésuve au sommet dela Somma , c’est-à-dire plus de six millepieds. Jamais spectacle plus grand etplus étonnant; jamais convulsion dela nature plus effrayante, suivie d’effetsmoins funestes, au-dessus de toutesdescriptions ; la peinture même nepeut y arriver. La plus faible imitationparaîtra toujours incroyable à qui nel’aura pas vu. La colonne de fumée, bienquelle se dirigeât sur Ottajano, était siélevée, quelle paraissait couvrir Na-ples . En un instant la montagne neparut plus qu’un globe de feu , et bien-tôt après disparut dans la vapeur. Desfoudres coupaient dans tous les sens lagerbe de feu et la colonne de fumée.La pluie de feu était devenue si consi-dérable, que le sommet de la monta-gne semblait avoir été lancé en l’air.Des pierres grosses comme des ton-neaux , quoiqu’elles ne s’élevassent pasà beaucoup près autant que les autres,étaient vingt-cinq secondes à retomberdans la vallée de Somma, qui en parais-sait toute comblée. Les broussailles dela Somma et le bois d’Ottajano s’en-flammèrent tout à coup , soit par l’ar-deur du feu, soit par les foudres quin’étaient produites que par l’éruption,soit par la quantité de pierres enflam-mées qui y tombaient. Cet incendiejeta la consternation, et bientôt l’é-pouvante, en faisant connaître le dan-ger d’un phénomène dont l’effet allaittoujours en augmentant. La populaces’abandonna à tout l’effroi dont elle estsusceptible; on entendait des cris detoutes parts. Le chemin de Porlici setrouva couvert de tous les habitans deRésina, Torre del Greco et dell’An-nunziata, qui portaient leurs enfans,et ce qu’ils avaient de plus précieux ;et tout cela se passa dans l’espace devingt-huit minutes que dura l’éruption,qui finit tout-à-coup, et laissa revoir
la montagne avec à peu près les mêmesformes qu’auparavant, mais couvertede feu, qui dura la moitié de lanuit. Ce spectacle avait été si ex-traordinaire , qu’à peine cessé il parutun rêve à ceux qui en avaient étéles plus froids spectateurs. Le lende-main on apprit les dégâts de la veille ;Ottajano écrasé et à moitié brûlé, deshommes tués, d’autres blessés, et dix-huit pouces de cendres, ponces etpierres sur la surface de la terre ; ensuivantla direction du vent, des pierreset des cendres portées à cinquantemilles. On en a envoyé de Groita Mi-narda et de Monte Fusco , du poids dedeux onces.
» Le lendemain g, la montagne étaittranquille; mais cependant l’éruptionrecommença, la lave coula avec moinsd'abondance, mais la gerbe d,' feu s’éle-vait tout autant. Comme c’était le jour,et qu’on ne voyait pas de feu, qu’onn’entendait pas le bruit, cela ne causaaucune frayeur. Le soir fut calme.Le mardi io, il plut tout le jour, et onne vit presque pas la montagne. Lemercredi 11, à une heure après midi,il y eut même événement que le 9 , etmême sensation. Lèvent, chassant tou-jours à l’Esf, a empêché chaque jourque la cendre et les pierres ne vinssentporter l’effroi à Naples .
» Le 12 au matin, la montagne fit ungrand bruit.
» Le 1 3 , tout parut éteint, de manièreque la montagne ne donna aucune ap-parence de feu. Le soir on aperçutde nouveau, dans les nuages qui sepromenaient sur le sommet, le refletdu feu intérieur du cratère ; et le i4 onvoyait sortir de la fumée noire. »
Je passe sous silence l’éruption de1786 , me contentant de dire que lalave forma une cataracte de feu en seprécipitant de 60 pieds dans le Fosso