VESUVE-
Faraone, où elle détruisit une petitechapelle. J’arrive enfin à l’horriblecatastrophe de 17g4* ( PI* 43. )
Le 12 juin, Torre del Greco ressen-tit un violent tremblement de terre,les secousses en furent répétées troisfois, chacune de plusieurs minutes; ellescausèrent une consternation générale;chacun quittant sa maison, chercha unrefuge dans son jardin ou sur le rivagede la mer. La nuit se passa en conti-nuelles alarmes ; avec le jour commen-cèrent des processions d’hommes, defemmes et d’enfans qui, pieds nus, serendaient à Naples , implorant la pro-tection de saint JanvieV. Les deuxjournées suivantes furent horribles,l’air était brûlant, chargé de vapeurs ,et de temps en temps il s’obscurcissaittout à coup ; dans ces mêmes momens,on ressentait de légères secousses detremblement, accompagnées d’un bruitsourd. Le dimanche, l’on entenditcomme une décharge prolongée decoups de canon. Ce bruit partit, nondu sommet, mais du milieu de la mon-tagne qui s’ouvrit à l’occident. Cetteexplosion fit trembler les maisons dela Torre del Greco , située à cinq millesseulement du nouveau, cratère , d’oùs’élançait une colonne de fumée quis’élevait à une grande hauteur, pre-nant la forme d’un pin. Tantôt cettecolonne s’apercevai t très-dis tinc tement,tantôt les cendres en dérobaient la vue.Elle croissait en intensité jusqu’à ceque la pesanteur des matières qui lacomposaient la forçât de retomber surelle-même. Cependant des torrens delave enflammée roulaient de la monta-gne dans deux directions ; l’un d’envi-ron un mille de largeur, prenant soncours sur Résina; l’autre sur la Torre,ville d’environ dix-liuit mille âmes , quidevint la proie de cette lave. Les lia-bitans furent obligés de chercher leur
6 9
refuge à Naples . Enfin, après troisheures de dévastation, elle se jeta dansla mer, où elle forma un rocher d’en-viron un tiers de mille carré, et d’uneépaisseur de i5 à 16 pieds.
L’éclat quelle jetait s’apercevait deNaples .
La branche, qui coulait dans la di-rection de Résina, en arrivant auxportes de la ville, se divisa en trois ;l’une prit son cours du côté du couventdes Franciscains, la seconde du côtéde la place, et la troisième menaça laTorre. Tout le terrain parcouru parcette lave resta couvert d’une couchede i5 à 20 pieds d’épaisseur: elle sem-bla respecter pendant quelque tempsquelques édifices, tels que le palaisBrancaccio, l’église des marins , et lecouvent des Franciscains ; mais ils fini-rent par devenir la proie des flammes.Un vieillard et cinq femmes , qui s’é-taient réfugiés dans le couvent, furentcontraints à chercher leur salut dansune fuite précipitée. Le palais Carac-ciolo brûla, ainsi que beaucoup d’au-tres maisons dans le voisinage de Ré-sina. Le 16 juin, l’air fut tellementobscurci, qu’on n’apercevait plus lamontagne. Heureusement le feu s’ar-rêta, et Résina fut sauvée.
Cette éruption donna lieu à un phé-nomène extraordinaire. Le 16 juin,l’on aperçut à Pienza, près Sienne enToscane , un nuage sur l’horizon dansla direction du S.-E., qui est celledu Vésuve ; de ce nuage sortit un bruitsemblable à celui d’une batterie decanons, puis il s’enflamma, et une pluiede pierres tomba à quatre lieues àla ronde ; ces pierres étaient volcani-ques , d’une couleur grisâtre.
Le 8 juillet tout était terminé. Le 12,le cratère avait un mille et un quart decirconférence intérieure ; le cône étaittronqué et en plan incliné.