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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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VESUVE .

cle mettre l;i date de leur passage , oude faire l’élose de l’ermite. Ce volcan

U

n’a donc inspiré rien de remarquableaux voyageurs ; cela me confirme dansune idée que j’ai depuis long-temps .-les très-grands sujets, comme les très-grands objets, sont peu propres à fairenaître les grandes pensées ; leur gran-deur étant, pour ainsi dire, en évi-dence, tout ce qu’on ajoute au delàdu fait ne sert qu’à le rapetisser. Lennscitur ridiculus mus est vrai de tou-tes les montagnes.

» Je pars de l’ermitage à deux heureset demie ; je remonte sur le coteau delaves que j’avais déjà franchi : à magauche est la vallée qui me sépare dela Somma , à ma droite, la plaine ducône. Je marche enm’élevant surl’arêtedu coteau. Je n’ai trouvé dans cet hor-rible lieu, pour toute créature vivante,qu’une pauvre jeune fille , maigre ,jaune, demi-nue, et succombant sousun fardeau de bois coupé dans la mon-tagne.

» Les nuages ne me laissent plus rienvoir; lèvent soufflant de bas en haut,les chasse du plateau noir que je do-mine, et les fait passer sur la chausséede laves que je parcours : je n’entendsque le bruit des pas de ma mule.

» Je quitte le coteau, je tourne àdroite et redescends dans cette plainede lave qui aboutit au cône du volcan, etque j’ai traversée plus bas, en montantà l’ermitage. Même en présence de cesdébris calcinés , l’imagination se repré-sente à peine ces cliamps de feu et demétaux fondus, au moment des érup-tions du Vésuve . Le Dante les avaitpeut-être vus, lorsqu’il a peint dansson Enfer ces sables brûlans où desflammes éternelles descendent lente-ment et en silence, corne di neve inAlpe senza vento :

Arrivammo ail mm lamlaChe dal suo letto ogni pianla rimove.

Lo spazzo cr un’ arena arida e spessa

Sovra lulto’ l sabbion d’ un cader lcnloCorne di neve in Alpe senza vento.

» Les nuages s’entr’ouvrent mainte-nant sur quelques points; je découvresubitement, et par intervalles, Portici ,Caprée, Ischia, le Pausilippe , la merparsemée des voiles blanches des pê-cheurs, et la côte du golfe de Naples ,bordée d’orangers : c’est le Paradis vude l’Enfer .

» Je touche au pied du cône; nousquittons nos mules ; mon guide medonne un long bâton, et nous commen-çons à gravir l’énorme monceau decendres. Les nuages se referment, lebrouillard s’épaissit, et l’obscurité re-double.

» Me voilà au haut du Vésuve , écri-vant assis à la bouche du volcan, etprêt à descendre au fond de son cratère.Le soleil se montre de temps en tempsà travers le voile de vapeurs qui enve-loppe toute la montagne. Cet accident,qui me cache un des plus beaux paysa-ges de la terre, sert à redoubler l’hor-îeur de ce lieu. Le Vésuve , séparépar les nuages des pays enchantés quisont à sa base , a l’air d’être ainsi placédans le plus profond des déserts, etl’espèce de terreur qu’il inspire n’estpoint affaiblie par le spectacle d’uneville florissante à ses pieds.

» Je propose à mon guide de descen-dre dans le cratère; il fait quelquedifficulté, pour obtenir un peu plusd’argent. Nous convenons d’une sommequ’il veut avoir sur-le-champ. Je la luidonne. Il dépouille son habit; nousmarchons quelque temps sur les bordsde l’abîme, pour trouver une ligne

noins perpendiculaire et plu^fccile à