qu’ils ont à passer ensemble ! Le Vé-suve n’a pas ouvert une seule fois sesabîmes pour dévorer les cités , que sesfureurs n’aient surpris les peuples aumilieu du sang ou des larmes. Quelssont les premiers signes de civilisation,les premières marques du passage deshommes que l’on a retrouvés sous lescendres éteintes du volcan? Des instru-mens de supplice, des squelettes en-chaînés.
» Les temps varient, et les destinéeshumaines ont la même inconstance.
« La vie , dit la chanson grecque ,fuitcomme la roue d’un char. »
Tpo X k oipfizroç yctp otaBtOTOç rpi'/il xùXtOstç.
» Pline a perdu la vie pour avoirvoulu contempler deloin le volcan dansle cratère duquel je suis tranquillementassis. Je regarde fumer l’abîme autourde moi. Je songe qu’à quelques toisesde profondeur j’ai un gouffre de feu sousmes pieds, je songe que le volcan pour-rait s’ouvrir, et me lancer en l’air avecces quartiers de marbre fracassés. »
En 1820, huit bouches s’ouvrirentàlafois et devinrent autant de cratères,deux dans l’intérieur du cône principal,et six à l’extérieur. En 1822 (plan-che 4^ ) , une neuvième se forma en-core, et bientôt un torrent de feu sedirigea sur Résina, en passant sur lalave de r 810. Cette année il y eut deuxéruptions, ou plutôt celle de janvierne fut que le prélude de celle d’octo-bre. Le ao de ce mois, on ressen-tit des secousses de tremblement deterre. Le 21, la lave bouillonna etse précipita en deux courans“surRésina; à minuit, d’énormes gerbesde feu jaillirent dans les airs à plus de2000 pieds, tandis que des pluies decendres chaudes effrayèrent les habi-tans de Bosco-tre-Case et d’Ottajano.
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La portion du cratère faisant face àTorre del Greco , ne cessa de vomir dufeu; lorsque la lave s’interrompait,l’intensité de la fumée aügmentait,pour diminuer lorsque la lave recom-mençait à couler. Le 22, à midi, unecolonnede fumée s’éleva à une hauteurdémesurée, s’étendant en forme de pa-rapluie ( planche 44 )• Des ruisseauxde lave descendirent sur Résina , me-naçant Porlici ; d’autres se dirigèrentsur Bosco-tre-Case, dépassant la lavede 1810. Le 23 , ils s’arrêtèrent, àl’exception d’un , dans la direction duMauro. Des pluies de sable obscurci-rent l’air au point de forcer les habi-tans à allumer des lampes dans le jour.La montagne était complètement en-veloppée de vapeur et de fumée. Enlîn,le 27, des torrens d’eau transportè-rent les cendres et inondèrent les paysvoisins. La commotion fut si forte, et l'airatmosphérique était tellement chargéd’électricité, qu’il en sortait fréquem-ment des éclairs suivis de détonationstrès-fortes , qui paraissaient avoir uncaractère différent de celui qu’on ob-serve pendant les orages ; elles n’avaientni écho, ni prolongation ; les foudresen étaient faibles, on les voyait ser-penter au milieu d’une fumée très-dense, et tracer rapidement un sillonde feu, en décrivant par divers anglesquatre ou cinq portions de lignedroite. Ces effets se montraient dansNaples à la foule des curieux, qui, àminuit, montés sur les terrasses deleurs maisons, contemplaientces scènesd’horreur. La nature était en combus-tion.
Des pluies de cendres eurent lieupar deux fois et à un intervalle de huitjours. La première , elles étaient rou-ges , la seconde blanches. A la Torredell’Annunziala, les propriétaires du-rent avoir le soin de balayer d’heure