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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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NAPLES .

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béante, mais très-attentifs et très-sé-rieux.

Dites à un homme du peuple queson père est un assassin, bagatelle, ilen rira; mais dites-lui que Rinaldo,son héros de prédilection, n’était qu’unvoleur de poules à Monlauban, il de-vient furieux, et malheur à vous sivous poussiez trop loin la plaisanterie,vous pourriez la payer de la vie.

La lecture terminée, il reste encore.à l’observateur bien des sujets à exploi-ter sur ce peuple, qui vit tout entierau dehors; quelques-uns se retirentdans un panier d’osier qui leur sertd’habitation jour et nuit, et où ils pas-sent des heures entières à se débarras-ser de la vermine dont ils sont cou-verts ; ce passe-temps ignoble est encoreune jouissance pour eux. Cet état sau-vage qui se voit là, mêlé avec la civi-lisation, a quelque chose de très-ori-ginal.

Il en est parmi ces hommes qui nesavent pas même leur propre nom,encore moins celui de leur femme ; c’esten sifflant qu’ils s’appellent et se ré-pondent.

Le samedi, le Lazarone fait faire sabarbe ; quatre roseaux plantés dans laterre, et entourés d’une vieille toile,forment l’enceinte où son barbier attendses nombreux chalands. Une pierre sertde siège; chacun apporLe une barbe dehuit jours, barbe d’un pouce de lon-gueur, et qui lui est enlevée avec unedextérité surprenante. Cette portionde sa toilette achevée, il la complèteen été en se plongeant dans la mer, ettout cela se passe en public, sans quepersonne le trouve extraordinaire.

ÏJ écrivain public (PI. 47) n’a pasun étalage plus pompeux; une toileblanche marque aussi les limites de sondomaine. Ces hommes, souvent cou-verts de baillons, ont en général uneN.

haute opinion d’eux, et veulent tousêtre des gentilshommes « galantuomi-ui; » victimes du malheur. Ils vousferontde leur vie une histoire très-pathéti-que. Ils tiennent <à être vêtus d’une re-dinaote ou d’un lambeau de ce vête-ment, peu leur importe, pourvu qu’ilspuissent en montrer un fragment à ce-lui qui oserait douter de leur grandeurpassée.

L’écrivain public est sérieux, il écou-te avec une attention scrupuleuse ce-lui qui a besoin de son ministère, ilrédige avec la même gravité une lettred’amour ou un placct au roi. Il en estqui placent sur leur table une pancartesur laquelle se lit en grosses lettres:Qui si scrive infrancese, « ici on écritle français ; » et rien alors ne peut secomparer à l’orgueil de celui qui peutétaler autant d’érudition.

Sur le Môle on se livre à toutes sor-tes de jeux. Celui de la morra est leplus ordinaire, mais il est difliciled’en donner la description. Deux ouplusieurs Lazaroni se présentent d’a-bord le poing fermé, ils lèvent ensuiteun ou plusieurs doigts et nomment unnombre en même temps ; si ce nombrese trouve être celui des doigts levés etprésentés par les deux mains, celuiqui le prononce a gagné. Ainsi, parexemple, si le nombre présentépar l’un est trois et celui de l’autredeux, celui qui nomme cinq a gagné.Si aucun des deux n’a deviné juste, ilsreferment promptement la main etrecommencent. Cela va avec une vi-tesse étonnante, et les joueurs crientsi fort et sont si près l’un de l’autre,que lorsqu’on ne connaît pas le jeu, etqu’on le voit jouer à une certaine dis-tance, on croit que c’est une querelleviolente, un combat à coups de poings.

En revenant du Môle, je me trou-vai arrêté par une pompe funèbre