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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

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la pêche, et nous nous occupâmes denotre souper, qui fut étalé ; chacun fitde son mieux pour y faire honneur; onavait disposé tout autour de la barquedes coussins moelleux sur lesquelsnous étions à moitié étendus, tenanten main un verre où pétillait le Cham-pagne ; la nuit était des plus belles,l’air pur, la température la plus douce;quelle jouissance, après un jour quiavait été si chaud, de sentir cet airdoux et rafraîchissant ! nous nouscroyions dans un bain parfumé. Ici lanature, languissante pendant le jour,renaît le soir ; la pâle clarté de la luneaugmentait encore le charme , je mesentis ému, sans savoir pourquoi ; j’é-tais heureux, et pourtant je soupirais !Petit à petit ma gaîté se calmait etfaisait place à une douce mélancolie ; cepays si beau n’était pas la patrie, ilfallait le quitter ! Le regard attachésur la figure delà duchesse, dont le feudu brasier éclairait les pâles et belleslignes, je ne sais combien de temps jeserais resté dans cette muette extase,si je n’en avais été arraché par le bruitd’un homme qui tombait à la mer, cequi nous mit tous en mouvement. Quel-qu’un prononça le mot de suicide :a —Rassurez-vous, nous dit le duc,cette pensée ne lui est pas venue.L’idée du suicide germe difficilementdans nos climats, faites-en honneurà la physique ou bien à la morale,vous arriverez toujours au même ré-sultat; quant à cet homme qui déjàreparaît sur l’eau, c’est un des meil-leurs plongeurs que je connaisse; iln’a fait cela que pour nous montrerson adresse. Je m’amuse à lui jeter quel-quefois soit un anneau, soit une piècede monnaie, et rarement il manque dela rattraper même de nuit, à la lueurdes torches , ce qui est plus extraor-dinaire. L’habitude qu’ontees hommes,

que je pourrais nommer amphibies ,d’être plus souvent dans l’eau que surla terre, leur donne ce coup d’oril ra-pide et cette faculté de retenir long-temps leur respiration, faculté à la-quelle ils s’exercent de bonne heure.Nous ayons eu plusieurs plongeurs cé-lèbres, entr’autres le fameux Nicolo,dont la réputation causa la perte. Fré-déric, roi de Sicile , ayant voulu êtretémoin des exploits do ce nageur mer-veilleux qui passait la moitié de sa viedans l’eau, et auquel la facilité prodi-gieuse avec laquelle il nageait avait faitdonner le surnom de Pesce «Poisson»,il le défia de plonger dans les envi-rons de Charybde, l’intrépide Nicolôs’y précipita, et eut assez de bonheurpour en revenir, mais terrifié de cequ’il avait vu et entendu au fond de cegouffre; son regard annonçait qu’il n’yretournerait pas; le roi l’en défia uneseconde fois, Nicolo refusa; alors, pourl’y déterminer,- Frédéric fit jeter unecoupe d’or dans l’endroit le plus pro-fond, elle devait être la récompense despn courage; l’amour-propre, peut-êtrela cupidité, décidèrent ce malheureux.Il s’élança de nouveau; mais sans douteil fut emporté par la force des cou-rons , car il ne revint plus, et quelquesjours après seulement, l’on retrouvason corps sur le rivage, à plus de tren-te milles de distance. C’est l’uniqueexemple de ce genre, car les plus in-trépides nageurs n’osent même pas ap-procher de cet abîme redoutable ; le seulhomme qui ait eu ce stoïque couragele paya de sa vie.

A la fin de ce triste récit, et commela nuit était fort avancée, nous dîmesà nos mariniers de regagner la rive ; unléger souffle de vent venait de tempsen temps enfler la voile et aider à larame; puis, nous quittant tout à coup,ne ridait pas même la surface des eaux,