Buch 
[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
Entstehung
Seite
93
JPEG-Download
 

NAPLES .

remarquable. A quelques jours de lànous en reçûmes une invitation ; nousétions priés, Edouard et moi, à un sou-per quelle donnait à l’occasion de sanaissance. Ce souper fut splendide etles convives nombreux, presque tousétrangers. «A l’exception du vin et desmets, me dit la duchesse, tout est deFrance chez moi, même ma vaisselleetmes meubles ; que voulez-vous, j’aimela France , et même dans ma patrie jene vois qu’elle! je crois payer parcesentiment un tribut à la reconnais-sance. » Elle nous apprit alors qu’elleavait été élevée par des Françaises dansle pensionnat des Miracoli, établi parles ordres et même par les soins de lareine Caroline Murat , qui venaitvisiter cet établissement plusieursfois par semaine, accompagnée desdames de sa suite. — « Les grâ-ces, l’amabilité, et surtout la touchantebonté avec lesquelles ces dames s’oc-cupaient de nous, ont développé enmoi ce sentiment que j’ai voué à votrenation ; je ne puis me souvenir, sansverser des larmes, des dernières pa-roles de la reine au moment de sonembarcation : Conservez mon école ,dit-elle aux Napolitains qui l’entou-raient, veillez sur les Miracoli .»Ce cou-vent est un des plus importans de l’Ita-lie ; la reine Marie Isabelle, mère duroi régnant, a pris aussi sous sa pro-tectioncepensionnat, dont lafondationest une œuvre philanthropique qui ho-nore également les deux femmes sousla protection desquelles il a été placé.

Du palais du duc d’Anzio , situé surle bas de la rivière de Chiaïa, on dé-couvre toute la partie du golfe quiborde la route neuve du Pausilippe .Nous avions en face le spectacle d’unemer lumineuse, particularité qui avaitplusieurs fois excité notre curiosité,.l’appris d’un abbé, qui habite chez leN.

93

duc à titre d’ami, qu'il y a dans la merun insecte qui donne de la lumière,c’est \e,Nereisjjhosphorans deLinnée ;on le trouve principalement aux moisde juin et juillet ; il esthlanc, mou, etde la grosseur d’un grain de blé. Cetteconversation donna lieu à la duchessede nous parler du goût, ou, pour mieuxdire, de la passion que le roi Ferdi-nand I er . avait pour la pèche: — «Com-bien de fois m’a-t-il envoyé, dans la sai-son où j’habite mon casin de Portici ,les plus beaux poissons que j’aie vus dema vie, produit de sa pêche, à laquelleil passait des heures entières ! » De pe-tites barques, éclairées par une flammevive, que nous voyons de temps entemps glisser en tous sens sur ce golfetranquille, nous donnèrent l’idée d’al-ler voir lancer le poisson, c’est-à-direle tuer avec un dard. Ce fut une partiede plaisir arrêtée en un instant, et quis’exécuta le lendemain. A l’entrée de lanuit une barque de pêcheur vint nousprendre à Mergetlina , oùnousnous em-barquâmes , après avoir eu le soin d’yfaire transporter tout ce qui devait con-stituer un bon souper.

Tout le monde était d’une gaîtécharmante, on se communiquait sespensées sans contrainte ; ici oncompte sur la bienveillance, car c’estune justice à rendre à la haute classe,personne n’observe mieux qu’elle lesdevoirs de l’hospitalité.

On se sert, pour la pêche que nousfaisions, d’un brasier qui, par sonfeu clair, attire le poisson et le faitapercevoir; on jette de l’huile sur l’eaupour en calmerl’agitation, les mariniersont l’adresse de ne jamais manquer ce-lui qu’ils ont aperçu; nous nous amu-sâmes long-temps à voir arriver dansnotre barque diverses espèces de pois-sons fort beaux et fort appétissans,après quoi nous ne songeâmes plus à