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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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POUZZOLES , BAI A , ETC.

monde, parles singularités naturellescle son sol, par les chefs-d’œuvre del’art qui l’ont couvert si long-temps,et que les phénomènes de la nature ontenfouis. Il semble que les eaux, le feu,les hommes, l’art et la nature se soientdisputé l’empire de ce petit coin de laterre, l’ayant alternativement occupé,dévasté, embelli, bouleversé, sans rienchanger en lui que la manière d’êtrebeau, et qu’ils n’aient fait qu’ajouterà l’intérêt de sa curiosité. Cet admi-rable canton, habité alternativementpar le peuple le plus savant et le plusindustrieux, ensuite par le plus richeen même temps que le plus puissant,renversé par des tremblemens de terreet englouti sous les cendres des vol-cans, est devenu et sera toujours lelaboratoire des physiciens, et le mé~dailler des historiens.

Les Romains, craignant que Pouz-zoles ne tombât au pouvoir d’Annibal,y envoyèrent une colonie sous le com-mandement de Q. Fabius, qui , crai-gnant de manquer d’eau, y fit creuserune multitude de puits , et son nom deDicearchia fut changé en celui de Pu-teolana. Tacite la nomme Colonia Au-gusta Neronia, et une inscription trou-vée sur le môle lui donne encore lenom de Colonia Flavia , en l’honneurde Yespasien, pour qui elle se déclara,et qui l’en récompensa. C’est à Pouz-zolcs que Sylla vint mourir, aprèsavoir abdiqué.

Les incursions des barbares, lestremblemens de terre, et surtout ladernière éruption de la Solfatara , ontcontribué à ruiner cette ville, Dans lemois d’août 1695, des pluies extraor-dinaires tombèrent avec assez d’abon-dance pour fortement endommager laville , et entre autres l’aquéduc qui yapportait les eaux. Dans quelques en-droits la terre s’entr’ouvrit sans qu’ilN.

y eût tremblement de terre, et décou-vrit une ancienne voie pavée en largespierres. Le vice-roi, Pierre de Toledo,ordonna de réparer plusieurs de cesdégâts, et, pour rassurer les habitanseffrayés, fit bâtir pour lui-même unpalais, devenu aujourd’hui une ca-serne.

Sur la place (PI. 51 ) du marchésont deux statues en regard, dont l’une,qui passe pour celle de saint Janvier ,est la statue de saint Martin de Léon ,évêque de Pouzzoles en 165o ; elle sem-ble donner la bénédiction à l’autre,qu’une fastueuse inscription m’apprendêtre d’Egnatius Lollius, prêteur, etAugure, personnage qui m’est aussiétranger que ces deux figures le sontl’une à l’autre. Cette dernière est d’unassez beau style.

Je me serais rendu avec plus deplaisir, je l’avoue, à notre auberge quevers le port, où la duchesse voulait àtoute force m’entraîner pour se vengerde l’abandon dans lequel nous l’avionslaissée. Puisque des antiquités l’ontemporté sur moi, nous dit-elle, lavue d’un port, qui long-temps a passépour le premier de l’Italie , peut bienvous faire retarder de quelques instansvotre repas.

Nous n’y descendîmes cependantpas, et nous nous arrêtâmes h unepetite place où je vis un piédestal enmarbre blanc, orné de quatorze figuresen bas-reliefs, personnifiant quatorzevilles de l’Asie -Mineure renverséespar un tremblement de terre j et rebâ-ties par Tibère ; puis, avec un souriremalin, la duchesse me dit qu’elle sebornerait à cette vengeance.

Notre dîner fut court; les aubergesdes environs de Naples ne sont pas re-nommées pour leur cuisine. Nous man-geâmes d’excell entes huîtres du Fusaro,meilleures là que sur les lieux, parce