Buch 
[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
Entstehung
Seite
104
JPEG-Download
 

1(4 L ITALIE .

dûmes que l’eau de la mer avait autre-fois recouvert ce temple. Mais pourque l’eau de la mer fût arrivée jusque-là, il faudrait supposer qu'une partiedelà ville de Pouzzoles aurait été sub-mergée; et la tradition n’en fait nullemention. Mais encore, comment leseaux de la mer auraient-elles pu être siconsidérablement élevées sur ce point?

Dans quelle confusion d’idées de telsphénomènes laissent l’esprit! quellespreuves de mouvement et de balance-ment dans cette portion du continent!et quelle preuve encore de la nuit, del’ignorance et de la barbarie dans les-quelles cepays a été abandonné pendanttant de siècles, puisqu’il manque d’an-nales sur de si grands événemens , quiappartiennent également à l'histoire etau naturaliste !

« Des murs ruinés conservent en-core le plan des chambres qui entou-raient cette partie du temple. Un as-sez grand nombre de pièces de mar-bre blanc sont accumulées et placéessur champ : elles sont percées d’unelunette qui en indique l’usage, pourrecouvrirle siégedes bains de vapeurs:elles étaient situées à chaque angle del’édifice, < ans deux chambres comprisesdans l’alignement du sanctuaire. Cesdeux chambres, sous lesquelles passaitun ruisseau d’eau thermale, renfer-maient un grand nombre de ces lu-nettes. »

« On compte trente-deux chambresautour du portique, savoir : onzede cha-que côté, six à l’entrée, et quatre sur lesailes du sanctuaire : celles de droite etde gauclieavaient alternativementleursportes en dedans et en dehors du tem-ple. Ces chambres étaient occupées parles étrangers infirmes. »

Une inscription trouvée dans letemple ainsi qu’une petite statue, at-testent qu’il élait dédié à Jupiter-Sé-

rapis, adoré chez les Egyptiens , etdont le culte avait été introduit à Di-cearchia par ces Africains.

« L’eau thermale à laquelle les prêtresavaient donné le nom de sacrée , prendsa source dans la montagne, au piedde laquelle le temple est situé. Lascience des prêtres consistait à admi-nistrer cette eau dans les maladies dontelle pouvait triompher , et à attri-buer uniquement à son usage la gué-rison des infirmités ; ils en faisaient re-monter le principal effet à la puissancede Jupiter-Sérapis,àla dévotion des ma-lades, etàla valeur de leurs offrandes.

» En outre, pour se plier d’autantmieux à la confiance superstitieuse desmalades étrangers, Grecs, Gaulois ouGermains, le temple renfermait ungrand nombre de divinités exotiques ;ainsi les malades pouvaient choisir etadresser leurs prières, et surtout leurssacrifices , à des dieux subalternes ado-rés dans leurs pays.

» Enfin comme dans ce temps, demême qu’aujourd’hui , beaucoup demaladies avaient leur siège dans l’ima-gination , il suffisait, pour recouvrerla santé, d’avoir une vision ou une ré-vélation en songe du dieu Sérapis . »

La nuit s’avançait ; il fallait songerà un gîte, retourner à Naples c’étaitrefaire la même route pour revenir lelendemain, il était beaucoup mieuxde nous arranger à coucher à Pouzzoles ;ce fut à ce dernier parti que nous nousarrêtâmes. Le duc écrivit quelqueslignes pour obtenir du prince de Car-dito un ordre de nous recevoir dans samagnifique villa, située à mi-côte et re-gardant la mer.

Le lendemain nous devions commen-cer par le lac Averne ; cependant onnous indiqua un reste de ruines quequelques paysansbaptisaientdunom demaison de Cicéron ; mais, comparant