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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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POUZZOLES , EA1 A, ETC.

nos souv.enirs et les reportant sur l’in-scription que nous avions lue dans letemple de Sérapis , nous en conjectu-râmes que ce devait être le temple del’Honneur peu éloigné de celui de Sé-rapis , et dont il n’était séparé que parla grande route; il est à côté de celuides Nymphes ; tous deux, au surplus,n’ollrent rien d’intéressant et parlentpeu à l’imagination..

En portant nos yeux à droite, nousdécouvrions le mont Gauro, cité parStace, Galien, Lucain et Juvénal ,pour la bonté de ses vins. 11 a la formed’un cône tronqué et n’ofïre à la vueque des débris volcaniques, ce qui afait changer son nom en celui de Mon-te Barbaro. D’un passage de Juvénal ,on a conclu que Cumes avait été ense-velie sous ses cendres ; mais il est pro-bable qu’on a mal interprété la penséedu poëte.

On a recommencé les cultures aupied de ce mont.

Vis-à-vis est le Monte-Nuovo , dontj’ai parlé dans l’histoire des éruptionsdu Vésuve , et qui date de 1 538. Soncircuit est de trois milles, et sa hau-teur d’un tiers de mille. Sa formationfut l’ouvrage de trois jours ; il s’élevasur les ruines de Tripergola; la terres’ouvrit, des flammes, des laves, despierres de feu s’en élancèrent; ellesremplirent en partie le lac Lucrin,comblèrent le Portus Julius et l’ancienport de Pouzzoles , et détruisirent levillage, dont la plupart des babitanspassèrent, sans aucune transition, dela sécurité à l’anéantissement. La merrecula de plus de cent pas, et un fleuvede lave prit son cours jusque dans leseaux , y formant un rocher qu’il fallutpercer pour reformer la route. Aujour-d’hui le Monte-Nuovo est couvert d’ar-bres.

Nous ne nous arrêtions pas, nousN.

arrivâmes de suite au lac Lucrin, pe-tit, défiguré irrégulière, et qui com-munique à la mer par un canal couvert.Tels sont les restes du fameux lac Lu-crin, chanté par les poètes, si renommépour ses huîtres,, et dont Horace dit :

Non me Lucrina juvevint conchylia.

Hor. , Ep. Od. 2.

Pour un pareil repas je donnerais cent fois

Les huîtres du Lucrin et la table des rois.

Trad. de Darü.

L’abbé était en train de nous parlerlatin, et., sans s’arrêter, allait nous ci-ter Martial, Juvénal , et, pour peu quenous eussions insisté, tous les auteursqui ont parlé du lac , si la duchesse nelui eût fait observer que le latin avaitpu être une langue sublime au tempsd’Auguste , mais quelle était aujour-d’hui peu appréciée par les dames. Ilen convint, et continua en langue fa-milière l’histoire que Pline rapporte decet enfant qui avait apprivoisé un dau-phin , habitant de ce lac, au pointqu’il venait manger dans sa main, etle laissait monter sur son dos pour setransporter de Pouzzoles à Baïa, ajou-tant que ce fait, après avoir excité l’é-tonnement delà multitude, était de-venu si familier qu’on n’y prenait plusgarde.

Autrefois le lac Lucrin était réuniau lac d’Averne par une tranchée, ou-vrage d’Agrippa , qui, suivant le récitde Suétone , employa vingt mille es-claves à ouvrir une communicationavec la mer, et jeter les fondemens duport Jules. Cette tranchée n’existeplus.

Le lac Averne (PI. 5a ) est ovale, etprésente un circuit d’une lieue et de-mie ; ses eaux limpides sont douces, etsa profondeur à peu près de cent cin-quante toises. Aucune émanation insa-lubre ne s’exhale de ses eaux. Le sauleet d’autres arbres bordent son contour.