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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE ,

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Ses bords sont émaillés de fleurs, etses délie.euses rives sont peuplées demaisons de campagne. C’est cependantdu lac Averne que Virgile fait la des-cription suivante :

. . . . Tuta lacu nigro nemorumque tenebris ,Quam super liaud. ullæ poterant impunè volantesTendere iter pennis, talis sese halitus atris

Undè locum Graii dixerunt nomine Avernum.

Ên. Lib. vi, v. 23;.

Autour, des.bois affreux,

Les eaux d’un lac noirâtre en défendent la route!De ce gouffre infernal l’impure exhalaisonDans l’air atteint l’oiseau frappé de son poison ;Et de là, par les Grecs, il fut nommé l’Averne .

Tratl. de Delille.

Il est difficile d’accorder cette des-cription avec l’aspect de ces lieux au-jourd’hui. En admettant que l’eau étantvenue subitement prendre la place dufeu et remplacer le cratère d’un volcan,les matières bitumineuses et sulfureu-ses, non encore détruites entièrementet mises en contact avec ce nouvel élé-ment , occasionèrent des exhalaisonsméphitiques qui donnaient la morL àtoute créature vivante, et particuliè-rement aux oiseaux. En outre, lesbords n’étant pas aussi élevés qu’ils lesont maintenant, une grande quantitéd’arbres croissaient sur les bords del’eau, et s’opposaient à ce que les va peu rshumides pussent s’élever et se perdredans l’atmosphère. Baïa par celte rai-son était malsain. Agrippa en faisantabattre ces forêts assainit l’air. et ren-dit un service au pays.

Tout auprès de l’Averne , nous vîmesles vestiges du canal que Néron avaitentrepris de faire creuser pour aller enbarque de Baïa à Ostie. Ce canal, ditSuétone , entrepris pour éviter les ris-ques de la mer , devait avoir centsoixante milles de long, et être assezlarge pour que deux galères à cinqrangs de rames pussent y passer de

front ; mais le manque de fonds le forçade 1 : interrompre.

A la gauche du lac sont les ruinesd’un temple, d’Apollon pour le vul-gaire, et de Pluton pour les iconogra-phes qui réclament pour ce dieu pro-tecteur de l’Averne les honneurs decette dédicace, avec d’autant plus dejustesse que Tite-Live nous apprendqu’Annibal, arrêté à Pouzzoles avecson armée, visita le lac Averne, et,pour attirer à son parti les habitonsde ces contrées, en se conformant à leurcroyance, ordonna un sacrifice à Plu-ton , divinité protectrice du lieu.

V estibulumante ipsum primisquein faucibusOrci,Luctus et ultrices posuere cubilia curæ.

Ëx. Lib. vi, v. 27 3.

Devant le vestibule, aux portes des enfers ,Habitent les soucis et les regrets amers.

Trad. de Deuile.

Sur le hord opposé au temple dePluton, au milieu d’arbrisseaux touf-fus, on découvre l’entrée d’un souter-rain connu sous le nom de Grotte dela Sibylle :

Spelunca alta fuit, vastoque immanis hiatu

Scrupea.

Faucibus eiïundens supera ad convexa ferebat.

Én. Lib. vi, v. 238.

En un lieu sombre où règne une morne tristesse,Sous d’énormes rochers , un antre ténébreux

Ouvre une bouche immense.

L’œil plonge avec effroi sous sa profonde voûte.

Trad. de Df.lii.le.

« L’entrée de cette grotte, selon ladescription de Faujas de Saint-Fond ,n’est rien moins qu’imposante les at-terrissemens l’ont rendue étroite tbasse, jusqu’à obliger de marcher endouble; ensuite elle s’élève et ressem-ble à celle de Pausilippe , sinon qu’elleest moins élevée et moins large; maiselle devait lui ressembler absolumentavant qu’on eût creusé de nouveau