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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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POUZZOLES , BAIA, ETC. ioû

Dédale de Minos fuyant la cruauté ,

Il t’élève un beau temple , ô dieu de la lumière !

Trad. de Delille.

Quelques antiquaires,nous ditl’abbé,veulent que ce soit dans ce temple quese tenait la sibylle. Saint Justin, quivivait cent soixante-dix ans après Vir-gile , affirme avoir vu l’édifice consacréà cette sibylle. C’était une basiliquecreusée dans le roc, et d’où la prêtresserendait ses oracles. 11 dit que les Cu-méens lui montrèrent trois baignoireségalement creusées dans la pierre etdestinées à son usage ; elle se revêtait

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d’une robe de lin, entrait dans lagrotte tout à côté, où était un petittemple ^ et là prononçait ses décrets.Saint Justin affirme en outre avoir vule tombeau en bronze oùl’on conservaitses cendres.

Excisum Euboicælatus ingens rupis in antrum ,Quô lati ducunt aditus Centura , ostia centum.

En. Lib, vi, v. 42.

Un antre fut taillé dans les rocs eubéens,

Où cent larges chemins, où centportes conduisent.

Trad , de Delille.

Nous vîmes dans la partie orientalede la colline une grotte qui commu-niquait peut-être autrefois avec lescent larges chemins , mais qui à pré-sent ne communique plus qu’avec lacolline où elle a son ouverture, d’unaccès difficile. (PI. 53.)

Le jour s’avançait, nous revînmes àla villa du Prince de Cardito, en visi-tant une autre petite caverne auprèsde l’Arco-Felice, et appelée grotte dePietro cli Pace, faite pour communi -quer de Cumes au lac Averne, en évi-tant la montagne. J’y ramassai un mor-ceau de plomb de figure ovale, un peuoxidé. à peu près d’une once et demieet sur lequel nous reconnûmes des tra-ces de lettres gravées ; j’en fis cadeauà l’abbé, pour qui ce fut un véritableN.

trésor, car il crut y reconnaître un deces glands que les Romains lançaientavec la fronde en bataille rangée ;seulement il se trouva en défaut lors-que nous le priâmes de nous expliquerles lettres que nous y distinguions.Il nous avoua qu’elles lui étaient tota-lement inconnues ; il me remercia avecl’enthousiasme d’un antiquaire, et mepromit d’en enrichir son musée.

Nous nous séparâmes après souper,en nous donnant rendez-vous au len-demain , pour achever ce qui nousrestait à visiter sur cette plage où toutmontre l’activité de la nature, maisune activité qui se dévore elle-même,une vivacité fébrile qui consume lesujet dans lequel elle brille , où le solest une fournaise , où la terre, quandelle est frappée, exhale des vapeursbrûlantes, où partout les ruines dutemps et de l’homme sont mêlées à desfragmens d’une création violente, etles amphithéâtres d’Auguste , la villade Cicéron , les autels de Caligulaidentifiés dans des masses de marbresculpté et renversé, sont semés aumilieu des volcans éteints de Pouzzoles ,où chaque rocher, chaque coin de terre,est le registre d’un crime ou la marqued’une aventure.

Le lendemain chacun fut exact àl’heure indiquée, et nous partîmes ;arrivés aux bains de Tritoli ou de Né-ron , qui sont des étuves brûlantes pra-tiquées dans l’épaisseur de la montagne,nous entrâmes dans les deux salles quisont le plus près du rivage ; nous vîmesdix baignoires dégradées, et des nichesdanslesquelles étaient, nous dit-on, desstatues qui indiquaient de la mainle nom des maladies dont ces bainsguérissaient;les murs en étaient revêtusde stuc avec des bas-reliefs.

L’on raconte que trois médecins deSalerne , furieux de l’efiicacité de ces