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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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I xo

L’ITALIE .

bains, résolurent de s’embarquer unenuit et vinrent débarquer à Baïa , lesdétruisirent de fond en comble, puisse rembarquèrent, firent naufrage etpérirent près de Capri . Denis de Sar-no rapporte que dans le palais de La-dislas , il existait un marbx’e retrouvédans le lieu qu’on nomme les Trois Co-lonnes , portant une inscription quidonnait le nom de ces trois médecins.

Gravissant la montagne, nous noustrouvâmes en face des étuves supé-rieures; on y pénètre par plusieursgrottes. La plus profonde, qui a deuxcent vingt-quatre pieds , descend, parune rampe très-étroite, très-rapide ettrès-glissante, jusqu’au niveau de lamer; on y trouve une source si brûlante,qu’il est impossible d’y tenir un seul in-stant la main, et,quoiqu’elle ne bouillepas, les œufs y cuisent en peude temps;cette grotte, qui n’était autre que lesfameux thermes de Baïa, au midi du lacAverne, est percée dans un tuf très-dur,dont la vapeur s’exhale de tous lespoints ; il est difficile de comprendrecomment cet ouvrage a pu s’exécuter,à cause de l’excès de la chaleur qu’ony éprouve ; à peine y est-on cinq minu-tes qu’on se trouve inondé, soit de sapropre sueur , soit de la vapeur humi-de qui transpire de tous les côtés danscet antre effrayant.

Cette source alimentait les bainsdélicieux de Néron , qui ont été décritssi fastueusement par les historiens dutemps.

La montagne contient un si grandfeuintérieur, que la chaleur se fait sen-tir à plusieurs toises en mer, et que lesable, quoique continuellement rafraî-chi par la vague, est encore chaud autoucher, et devient brûlant dès qu’ony enfonce la main.

C’est à ces débris qu’est réduit au-jourd’hui le fameux palais de Néron ,

où il avait ajouté à la richesse et à lamagnificence tout ce que la volupté ade recherche. 11 n’en reste plus quequelques débris suspendus qui mena-cent à chaque instant de s’écrouler etd’aller rejoindre leurs fondations quela mer couvre maintenant, comme sielle ne pouvait assez laver les crimesqui y furent projetés ou dont il fut lethéâtre.

C’est là que ce monstre fit venir samère qu’il avait reléguée à Antium,qu’avec tous les signes delà plus affec-tueuse tendresse il la reconduisit aurivage, et que , l’embrassant tendre-ment , il ne s’arracha de ses bras quepour l’embarquer sur la superbe galèreoù elle devait périr.

Les bains de Néron ont inspiré àM. Casimir Delavigne quelques unsde ses plus beaux vers :

Ces temples du plaisir , par la mort habités,

Ces portiques, ces bains prolongés sous les ondes,Ont vu Néron caché dans leurs grotees profondes,Condamner Agrippine au sein des voluptés.

Au bruit des flots roulant sur cette voûte humide,11 veillait, agité d un espoir parricide ;

Il jetait à Narcisse un regard satisfait,

Quand, muet d’épouvante et tremblant de colère,Il apprit que ces flots, intrumens du forfait,

Se soulevant d’horreur, lui rejetaient sa mère»

Delà on arrive bientôt à Baïa au fondd’un golfe circulaire. (PI. Ô 2 .) Cette for-me, etlesmatières volcaniques qui com-posent la montagne à laquelle Baïa estadossée, démontrent assez l’origine dece lieu, qui fut autrefois un volcan. Aen juger parla quantité de ruines qu’ony rencontre, on peut penser que Baïacommençait là où finissait Pouzzoles :c’était moins une ville qu’un village dé-licieusement situé , et consacré au plai-sir et à la volupté, où l’opulence avaitrassemblé tout ce qu’il était possibled’ajouter de délices à la plus riche na-ture. Les Romains avaient pour lesbains un goût qui tenait de la passion ;