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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

teur, près du chemin de Misène et de lamaison de César.

A peu de distance de ces lieux, onvoit dans la mer des ruines du templeélevé en l’honneur d’Hercule , d’aprèsla croyance où l’on était que ce fut làqu’il déposa les bœufs qu’il avait prisen Espagne . On dit même qu’au fondde la mer sont des restes du cheminqu’il construisit, et dans lequel il les fitpasser.

Pour nous rendre à Bauli, aujour-d’hui Baccola, nous montâmes un pe-tit sentier qui nous conduisit à la routedu Mercato ciel Sabbato « Champ duSabat » ; elle est entre deux files de sé-pulcres ruinés.

Il est certain que là furent les tom-beaux de la ville; quelques inscrip-tions qu’on y a retrouvées indiquentla sépulture de personnages célèbres,peut-être mêiiie les cendres d’Agrip-pine y reposent-elles.

Le village de Baccola peut contenirenviron trois cents habitans, dont laplupart ont pour demeure ces tom-beaux.

Enfin nous voici à la Piscina Mira-bile, un des monumens les plus magnifi-ques quenous aient laissés les Romainspour attester leur grandeur ; sa con-struction remonte au temps où Pisoncommandait la flotte des Romains dansle port de Mare-JYIorto à Misène , d’au-tres l’attribuent à Lucullus , d’autres,à plus juste titre, - à Agrippa, qui ache-va le port commencé par Jules-César .On est effrayé en pensant aux fraisénormes qu’on a dû faire pour y ame-ner les eaux de.plusieurs milles de dis-tance à travers;tant de montagnes ettant de difficultés à,vaincre.'

Sa forme est un carré long dé deuxcent seize pieds sur quatre-vingt-dix-sept, et sa voûte est portée par qua-rante-huit pilastres disposés en qua-

tre files de quadruples arcs d’unehauteur extraordinaire ;. son mastic ,recouvert d’une couche de stalactitetrès-dure, formée par le dépôt deseaux, a contribué autant que sa parfaiteconstruction à sa conservation. Deuxescaliers descendent jusqu’au bas, etau milieu une cavité ou alvéole, atti-rant et rassemblant le limon qui pou-vait s’y amasser, en facilitait l’extrac-tion.

Du côté où arrivaient les eaux,cette stalactite a jusqu’à huit poucesd’épaisseur, tandis que , par une dé-gradation successive, à l’extrémité op-posée elle n’a plus qu’une ligne. Lavoûte a treize ouvertures par où peut-être on puisait l’eau.

A quatre pas de la piscine, noustrouvâmes les Cento Camerelle , dontl’entrée est un vestibule en arcadescroisées, soutenu par onze pilastres ;nous descendîmes dans un souterrain,intéressant seulement par l’idée qu’ildépendait du palais de Jules-César .On a formé cette conjecture parcequ’au-dessus se trouvent des pavés enmosaïque, indiquant des traces de dis-tribution ; qui ne permettent pas dedouter qu’ils ne fussent les fondemensd’un édifice considérable, en mêmetemps qu’ils auraient servi à renfermerles esclaves.

J’admire, en vérité , nous dit la du-chesse, la patience et la minutie qu’ap-portent certains érudits à nous romprela tête de leurs recherches puériles, pouren . venir à savoir si ces arceaux ont puservir de magasins, de prisons ou defosses 1 à grain ; convenez . que noussommes trop peu initiés à la vie desanciens pour pouvoir décider d’aprèsnos habitudes, et dans le fond il nousimporte peu , à la vue de ces pierreshumides et de ces murs dégradés parle temps, qu’ils aient pu servir à te