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ils donnaient la plus grande magnifi-cence aux édifices qui y étaientdestinés.
Tu secanda marmoraLocas sub ipsum funus, et sepulcri
Immeraor, struis domos;
Marisque Baiis obslrepentis urges
Submovere littora ,
Parum locuples continente ripa.
lion. Lih. 11, od. i5.
Chaque nuit disparaît, l’astre des nuits lui-memeDécroît, et voit pâlir son disque radieux,
Et vous faites tailler des marbres précieux,
Vous qui touchez à votre heure suprême !
Vous faites élever un palais fastueux,
Oubliant le tombeau qui s’ouvre sous vos yeux !
Trad. de Daru.
Martial ne sait quels éloges donneràla beauté decerivage-, enfin Properce ,Juvénal et tous les poëtes de l’antiquitéont cru devoir le célébrer dans leurschants.
Nullus in orbe sinus Baiis prælucet amœnis.
Hor , Ep. I, lib, i, v, 116.
Il n’est pas sur la terreAu beau site de Baie , un site qu’on préfère.
Trad. de Darü.
Toutes ces choses m’étaient dites àvoix basse par l’abbé , qui n’osait plusse risquer à citer du latin à haute voix.
Le voisinage de Pouzzoles , etla mul-titude des temples qui s’y trouvent, ontfait appeler de ce nom trois ou quatreédifices qui probablement avaient uneautre destination , et devaient être devastes rotondes, servant de lieux d’as-semblée ou de jeux. Ils étaient attenansaux salles de bains, ce qui nous con-firma dans l’idée de leur usage profane.
Le premier porte le nom de templede Vénus Génitrix(Pl. 5 a), et conserveencore la demi-circonférence d’une ro-tonde. La voussure est construite enbrique et la voûte en tuf; mais les or-nemens intérieurs et extérieurs ont dis-paru. Ils consistaient en un revêtementde marbre, dont on trouve encore quel-ques morceaux garnis de leurs attachesen bronze. Il est probable qu’à côté decette rotonde étaient les bains etles ha-
bitations deces femmes qui trafiquaientde leurs charmes, et que l’on nommaitambubajœ; nom qui s’étendit ensuiteà toutes les chanteuses et danseuses.Suétone en parle dans la vie de Néron .
L’édifice désigné sous le nom de tem-ple de Mercure est aussi une vaste ro-tonde de plus de cent pieds de diamè-tre, dont la voûte à jour, dans le cen-tre, est percée de quatre fenêtres. Cesthermes auraient été un caldarium.Cependant la tradition en a fait untemple consacré à Mercure, sous lenom de Truglio, tirant son étymologiede trullus , rond, qu’on lui donna àcause de sa coupole.
Toujours, dans la même direction,est le temple de Diane Lucifère.
Plus grand que les deux précédens ,il est également situé sur le bord de lamer. Tout donne à croire que, de mêmeque les autres, c’était une piscine thermale, à en juger par les conduits d’eauaujourd’hui à découvert. Les murs, autrefois revêtus en marbre, sont nus;cette ruine est attenante à nombre degaleries devenues presque souterrainespar les atterrissemens, à la suite des-quelles on en rencontre d’autres appe-lées chambres de Vénus, à cause desbas-reliefs voluptueux et même licen-cieux dont les murailles et les frisesétaient décorées.
Sur la droite de Baïa, et attenant aurivage qui borde la mer, est un édificeconnu sous le nom de tombeau d’Agrip-pine ; on y pénètre à l’aide de torches,par une entrée assez étroite. D’après saconstruction, il nous semblait beau-coup plus naturel de croire que nousavions sous les yeux un théâtre plutôtqu’un tombeau: c’est, du reste ,l’opi-nion de beaucoup d’antiquaires. Ce-pendant, tant qu’on viendra à Baïa, onira voir là le tombeau d’Agrippine ,quoiqu’elle ait été enterrée sur la liau-