ou tel usage; qu’en visitant un templeon cherche à deviner à quelle divinitéil était consacré , je le conçois , je l’ap-prouve ; mais à propos de ces arceaux,qu’on ait écrit des volumes, c’est ceque je ne concevrai jamais. Cela futdit au moment où l’on éteignait la der-nière torche qui nous avait servi à lesvisiter.
L’intervalle qui existe entre le pro-montoire de Misène et la dernière poin-te de Baïa est occupé par deux bassinsséparés par une digue naturelle qui,rompue au milieu, a été réunie par unpont à trois arches, bâti en lave eten pierre volcanique, et si fortementconstruit, qu’il est encore intact. Cesdeuxbassins sontremplis parles eaux dela mer, il en résulte un port et un ar-rière-port encore plus grand, dont les
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eaux sont toujours calmes; c’est là qu’é-tait la flotte romaine sous Auguste ,c’est là aussi que commandait Pline lenaturaliste lors de la première éruptiondu Vésuve. La ville de Misène était aubas du promontoire. Tite-Live en parleen disant qu’après la bataille de Cannes ,Annibal s’avança jusqu’à Pouzzoles ,Cumes et le cap Misène ; une inscrip-tion , conservée au musée, indiquequ’Auguste y établit une colonie ro-maine , et nous y vîmes une grandepiscine et les ruines d’un théâtre sur lebord de la mer; ces ruines consistenten un demi-cercle, l’emplacement desgradins, et deux corridors, dont l’un vaaboutir au port.
Cet arrière-port, aujourd’hui MareMorto, est évidemment unanciencra-tère.
Devenêre locos lætos, et amœna viretaFortunatorum ncmorum,sedesque beatas.Largior hîc campos æther, et lumine vestitPurpureo; solemque suum, sua sidéra nôrunt.
Es., lib. vi, v. 639 .
Des vergers odorans l'ombre voluptueuse,
Les prés délicieux et les bocages frais,
Tout dit : Voici les lieux de l’éternelle paix!
Ces beaux lieux ont leur ciel, leurs beaux jours,
leurs étoiles,
Là de plus belles nuits éclaircissent leurs voiles.
Trad. de Delille.
C’étaient les Champs-Elysées desAnciens que Virgile chantait ainsi, etc’est sur cette Mare Morto , autrefoisStygia Palus, Marais du Styx, qu’ilavait placé l’inexorable Caron et sabarque, destinée à transporteries âmesà leur destination. Celles des réprouvésN.
étaient déposées près de l’Achéron,Palus Acherusia, aujourd’hui lac Fu-saro_, où elles étaient condamnées à destourmens perpétuels, et les âmes bien-heureuses restaient dans ces Champs-Elysées à l’ombre des bosquets de lau-riers , d’arbres chargés de fruits , s’en-ivrant du parfum des fleurs dont lesprairies étaient émaillées.
Bien de plus propre à l’inspirationque ces lieux qui joignent à la beautédu site la température la plus douce;l’aspect riant des collines qui les en-tourent et la fertilité du sol réa-lisent les brillantes fictions des poëtes.On conçoit qu’ils les aient choisispour l’éternelle résidence et la récom-pense desjustes.
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