Buch 
[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
Entstehung
Seite
124
JPEG-Download
 

L’ITALIE .

13.4

un grand nombre 1 de productionsdes arts, parmi lesquelles s’en trou-vent plusieurs d’une rare beauté; ilnous a ainsi initié au secret de la vieintérieure des Anciens, sans rien dé-truire des idées d’élégance qui s'atta-chent à leur souvenir.

Plusieurs des colonnes qui décorentl’église de Saint-Janvier à Naples ontété prises à Herculanum .

Les fouilles de Pompeï commen-cèrent en 1748. Le hasard égalementy présida. Quelques paysans, travail-lant à une vigne près du Sarno , trou-vèrent les premiers objets. Le gouver-nement, averti, se rendit possesseurdu terrain et fit continuer le travail.

« On est d’autant plus étonné , ditM. Romanelli, de ce qu’on ait attendusi long-temps, et de l’ignorance de tousceux qui jusque-là avaient cherché àparler de Pompeï que ces écrivains n’é-taient pas sans mérite, et que de leurtemps des pans de murs, des mar-bres, des colonnes qui paraissaient çàet là, et surtout le temple d’IIercule,d’architecture grecque, et qui était àdécouvert depuis des siècles, devaientêtre des guides pour eux. Ajoutonsque Nicolas d’Alagny , père de la fa-meuse Lucrèce d’Alagny créé parAlphonse I er . comte de Sarno , fit creu-ser un aquéduc qui dut traverser toutle plan de Pompeï pour conduire l’eaujusqu’à la Torre. Il rencontra, pourexécuter cette opération, des temples,des maisons, des rues, des réser-voirs, et d’autres monumens renver-sés , dont il employa même les maté-riaux. Bien plus , pour ne pas ruinerce qui restait des édifices, il eut l’at-tention de faire faire des excavationssouterraines en forme de grottes,comme sous le temple d’Isis, où toutle monde peut vérifier à quel point il aconcouru à la conservation de ce mo-

nument. La situation de Pompeï était-elle donc alors si difficile à deviner?Enfin quelques fouilles exécutées en1689 1 comme le dit Bianchino , à envi-ron un mille de la mer, sur le flancoriental du Vésuve , déterminèrentplus ostensiblement cette grande dé-couverte. Parmi les choses précieusesque l’on déterra, on recueillit des in-scriptions qui faisaient une mentionexpressedePompeï. »

Ce qui n’est qu’un témoignage del’insouciance que les érudits ont ap-portée dans leurs recherches et de leurindolence à apprécier les données qu’ilsavaient déjà.

Le plan de la ville (Pï. 55 ) pré-sente toutes les excavations faites jus-quesàcejour; on y peut voir tout cequi reste encore à faire pour con-duire à fin cette entreprise grandiose.Un quart seulement de la ville estdéblayé.La partie la plus intéressantede ce déblai est due aux travaux exé-cutés sous les Français . Huit cents ou-vriers y travaillaient chaque jour ; onestime que s’ils eussent continué, unan aurait suffi pour découvrir le reste.La partie découverte renferme uneportion des murailles, les deux théâ-tres, l'amphithéâtre, le forum, la basili-que et quelques temples à coté, ainsique la double rangée de tombeaux à laporte d’Ilerculanum. La voie Domi-tienne qui la traverse est large, maisbeaucoup d’autres rues sont étroites ,quoiqu’il soit à présumer que la par-tie nord en contient de très-belles.Mais ces rues sont désertes, les forumssont silencieux, et les temples, depuisvinç-t siècles sont sans dieux, sansprêtres et sans sacrifices. Je m'arrêtedans une place publique, attendantque quelqu’un vienne audevantde moiet m’adresse la question qu’on fait à unétranger; je m’assieds sur une fontaine,