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POMPEI.
de Misène distans du Vésuve, quellesdurent être les angoisses de ceux dePompeï et d’Herculanum , si près dulieu de la scène ! Il est à présumer queceux qui ne furent pas engloutis parles torrens de lave , furent atteints parcette grêle de matières volcaniques,et écrasés dans leur fuite vers lamcr,leur unique espoir. La plus grossepierre trouvée à Stabia n’excédait paslepoidsd’une once, tandis qu’à Pompeï on en a trouvé de huit livres et plus, età côté, des crânes brisés.
Titus vint au secours de ces villes ,et s’occupa de leur sort avec la plusgrande sollicitude ; il désigna ceuxd’entre les personnages consulaires quiauraient le soin de soulager la Campa-nie , et il affecta les biens de ceux quiavaient péri sans héritiers au rétablis-sement des édifices ; il accorda la re-mise des taxes; enfin, il apporta tousles soulagemens qu’exigeaient les cir-constances , encourageant personnelle-ment ceux qui étaient dansle désespoir;cependant il ne paraît pas que lesbabitans aient fait le moindre efïortpour déblayer leurs murs et les relever.11 est probable qu’ils se bornèrent àenlever ce qu’ils avaient de plus pré-cieux.
L’opinion généralement répandue,est qu’on doit la première idée del’existence de ces deux villes souterrai-nes au prince d’Elbeuf, de la mai-son de Lorraine , envoyé en 1706à la tête d'une armée impériale con-tre Philippe V . Marié en 1713 àune fille du prince de la Salsa, et dé-cidé à se fixer à Naples , il se déter-mina à faire bâtir une maison àPortici , et, désirant l’orner à la ma-nière des anciens, il acheta quelquesmorceaux rares trouvés par un culti-vateur en creusant un puits dans lesenvirons. Des objets, il passa à l’acqui-
sition du terrain , qu’il fit fouiller en1720. Ce travail lui procura d’abord denouveaux marbres en abondance, desdébris de colonnes et deux statues d’Her-cule et de Cléopâtre . Poursuivant leursrecherches, les travailleurs rencon-trèrent un temple circulaire avecvingt-quatre colonnes d’albâtre , à l’ex-térieur, et pareil nombre à l’intérieur,et sept nouvelles statues grecques,dont le prince fit présent au princeEugène de Savoie . A cette découvertesuccéda celle d’une grande quantité demarbres d’Afrique très-précieux. Cesrichesses, exagérées par la renommée ,ouvrirent les yeux au gouvernementnapolitain, qui ordonna de suspendreet de cesser les excavations.
Don Carlos, prince des Asturies,devenu roi de Naples sous le nom deCharles 111 , faisant bâtir le palais dePortici , se décida à faire poursuivreavec activité les fouilles commencéespar le prince d’Elbeuf , dont il achetala maison. Le succès dépassade beau-coup son attente ; la terre ayant été,par sesordres, creuséejusquesàquatre-vingtspieds de profondeur, on décou-vrit enfin une ville entière abîmée sousPortici et Résina, villages à six millesde Naples, entre le Vésuve et la mer.On n’eut plus alors aucun doute quece ne fût Herculanum . Les excavationsayant été poussées plus avant, on enretira tant d’an tiqui tés de toute es pèce,que dans l'espace de six ou sept anselles ont formé au roi des Deux-Siciles un musée unique, et dont chaqueobjet est d’un grand prix. On décou-vrit un temple de Jupiter où était unestatue qui paraissait d’or.
Le fléau qui a détruit ces villes , enenfouissant et recouvrant de terre etde cendres tous les trésors qui pou-vaient y être renfermés, a du moinsmis à l’abri de la barbarie des hommes