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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

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tableau. Comme on n’a pas trouvé ungrand nombre de squelettes, il est pro-bable que les habitans, instinctivementavertis de leur danger, coururent sansperle de temps, soit à la rivière soit à lamer, et là, montant dans des barques,se mirent à l’abri du danger. Quatre-vingt-dix-sept issues durent êtreà peine suffisantes pour donner àvingt mille personnes, qu’on suppose 1avoir été rassemblées en ce lieu, letemps de s’enfuir. Pline l'ancien, sedirigeant vers Stabia , aperçut sur lamer une immense quantité de cha-loupes s’éloignant de la côte, et c’esten s’en approchant, poussé, soit par lacuriosité, soit par l’espoir de leurporter secours, qu’il trouva la mort.D’après quelques auteurs, on n’auraitretrouvé dans l’ampliiçliéàtre que lessquelettes de huit lionâ : et d’un hommeleur conducteur; d après d’autres onn’aurait rien trouvé. MaisMe chanoineJorio porte à cinq le nombre des sque-lettes humains. On trouva aussi deuxanneaux dont un en or, portion d’unechaîne et quelques pièces de monnaie.

Après avoir visité l’amphithéâtre,nous allâmes parcourir la ville. L’abbénous fit.diriger du côté d’un carrefourà côté de la voie Domitienne (PI. 56):J’ai à ma droite la maison de Pansa,en face une fontaine, et la maison deFortunato ; à gauche une pharmacie;mon œil pouvait tout embrasser à lafois, et mémesaisir les détails inté-rieurs. (N°. 11 , 12, i3 du plan. )

Il est fort peu de rues dansPompeïqui ne soient ornées de fontaines ; ellesétaient alim entées par des canaux qui,apportant l’eau des points les plus éloi-gnés de la ville, la. distribuaient dansles rues, dans les édifices publics etdans les maisons particulières. D’oùvenaient ces eaux?Il n’est pas probablequelles fussent fournies parle Sarnus,

dont le niveau est plus bas que la ville,encore moins que ce fût un torrent quiles fournît ; mais on peut croire quec’était un aquédùc commençant auxhautes montagnes de Stabia. Les ca-naux dans la ville étaient en maçonne-rie, en terre et quelquefois en bronze.

Cette fontaine consiste en un bassincarré, dans lequel l’eau tombait par unpetit canal qui traversait une énormepierre, placée au-dessus; elle estdécorée d’un bas relief grossière-ment sculpté, représentant un aigleenlevant dans ses serres un lièvre ou unsinge. On a retrouvé ce type dans unemédaille d’Agrigente . Ce sujet a paruà quelques auteurs être allégorique, etsignifier la vengeance divine prête às’exercer contre ceux qui détruiraientou pollueraient cette fontaine, objet depremière nécessité. Immédiatementderrière la fontaine est, à ce qu’on croit,un oinopolium ou tlierniopolium , ta-vei'ne où l’on vendait des boissonschaudes, désignée sous le nom de Ta-verne de Fortunata , à cause d’une in-scription qu’on y a trouvée portant cenom. On y voit un petit massif depierre; dans le fond de ce massif est unepierre un peu plus haute qui auraitété la place du brasier et du feu des-tinée à conserver chaudes les boissons.Ce brasier et le massif ou comptoir sontrevêtus en marbre, et il est à présumerque les coupes et les verres y étaientrangés en ordre, et formaient ainsi unedécoration, en même temps qu’ils satis-faisaient au désir des buveurs.

Plusieurs de ces boissons étaientprises comme digestifs, quelques au-tres comme irritans , et pour se procu-rer des vomissemens. Plaute traitesouvent d’ivrognes ceux qui fréquen-taient ces maisons. Les épicuriensavaient souvent recours à ces boissons,et Vitellius y trouva de grandes res-