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vrages alla si loin, qu’il lui céda,comme preuve et récompense, Cam-paspe sa maîtresse. On ne doit doncpas hésiter à attribuer ce tableau à cepeintre célèbre, et l’on peut ajouterque c’est un de ses chefs-d’œuvre.
L’on y voit la rencontre des chefsdes deux armées. Alexandre est montésur un coursier fougueux ; il frappede droite et de gauche, tue, abat toutce qui s’oppose à son passage. Darius,debout sur son char, serre avec uneforce convulsive l’arc qui reste immo-bile dans sa main redoutable. Il estfrappé de stupeur à la vue d’un de sesgénéraux, qui vient d’être, sous sesyeux mêmes, mortellement blessé. Sila richesse du costume du guerrier quisuccombe prouve qu’il occupait unrang supérieur dans l’armée, la dou-leur du roi démontre encore qu’ilsétaient unis et par les armes et par lesang. Oubliant le soin de son salut,Darius ne doit la vie qu’au fidèleécuyer qui tourne bride, et l’arrache,par une fuite précipitée, à la mort etau triste spectacle de son ami mou-rant. Néanmoins il sera entraînémalgré lui vers les phalanges vain-cues qui plient de toutes parts. Sonâme se brise à la vue des malheu-reux qu’il ne peut plus guider à lavictoire,, qu’un ennemi vient de luiarracher. Tout cela est exprimé avecune vérité admirable. Comme elle estimposante et caractéristique l’attitudedu chef des vaincus! Comme elle estadmirablement exprimée, la sollicitudede l’écuyer qui le sauve, et qui animeses chevaux du geste et de la voix !Que de nature dans la pose de ce soldatqui retient son cheval épouvanté!
On éprouve encore une vraie dou-leur en voyant ce guerrier qui vientd’être démonté. Son cheval tombe mort,et, au moment où il cherche à se dé-
barrasser et sauter à terre, blessé lui-même , on le voit chercher à retirerle fer homicide qui vient de le frapper.Mais il aisé de prévoir que sa vie s’é-chappera avec les flots de sang qui sor-tiront de sa blessure. Cette scène estrendue avec une telle vérité, qu’il estimpossible de fixer long-temps cesujet, tant est vive l’émotion qu’ilproduit.
D’un côté tout est abattu ou endésordre, de l’autre les vainqueurs sontrestés en ordre de bataille. L’élévationdu char empêche de les voir, mais lehaut des lances que l’on aperçoitpermet à l’imagination de saisir tout cequi est caché. On comprend que cesgénéreux guerriers opposent une opi-niâtre résistance pour donner à Dariusle temps de se sauver. La perfectiondu travail a donné à cette muettepeinture plus d’éloquence qu’un habileorateur.
Après avoir vu le dessin de cettebelle mosaïque, ma curiosité fut vivele lendemain d’aller la voir à Pompeï ,et c’est sur le lieu même que j’ai écritce qui précède. Une circonstance nousengagea à nous diriger vers le forum ,et à remettre à un autre jour la descrip-tion de la maison du faune , où elle estsoigneusement conservée.
Le Forum chez les Anciens était uneplace publique où le peuple se réunis-sait, d’abord pour discuter les affairesde l’étatj, dans les temps où il fut ap-pelé à les décider ; puis, dans la suite,pour ses affaires particulières et sesnégociations. Avant la construction des
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amphithéâtres, ce fut le lieu où s’exé-cutèrent les combats de gladiateurs.On dut en conséquence l’entourer d’unportique, surmonté d’un double rangde colonnes, pour la convenance descurieux. Uneville, telle petite fut-elle,devait avoir son forum; quelques-unes