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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

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et jamais éteinte par la satiété, cettepassion se conservait dans toute sonintensité. Les dépenses excessivesqu’entraînait une représentation théâ-trale y mettaient obstacle. Commeparfois elles absorbaient le revenud’une province entière, elles n’avaientlieu qu a l’occasion de quelque événe-ment marquant, tel qu’une victoire si-gnalée, l’avénement d’un empereur,la naissance ou l’adoption d’un César :d’autres fois , surtout sous la républi-que, un homme riche parvenu au con-sulat, ou à une autre dignité non moinshonorable, remerciait le peuple en luidonnant un spectacle à ses frais. Par lasuite, et vers le temps de décadence,les ambitieux y trouvèrent un moyende corruption. C’est à l’aide des spec-tacles qu’ils captaient les suffrages , carle peuple y assistait gratis.

Que cet art chez les Grecs doive sonorigine à Thespis , ou, suivant uneautre version, qu’il ait d’abord prisnaissance en Italie , où il aurait com-mencé pardes processions que faisaientles paysans en l’honneur de Bacchuset de Cérès , pour célébrer l’heureuseréussite de leurs travaux rustiques;que plus tard, à ces processions, sesoient mêlées celles plus imposantes,en l’honneur de Pater Liber , c’est ceque nous n’entreprendrons pas d’é-claircir. Sansenapprofondirles causes,nous arriverons aux effets, et nousverrons les Romains, jaloux d’imiterles Grecs, chercher à les surpasser, etfaire de leurs spectacles une source deplaisirs et même d’extravagances.

Enchérissant sur leurs devanciers,qui n’eurent que les représentationsscéniques, les Romains imaginèrentles combats d’animaux et les nau-machies, dans lesquelles se donnaitun combat naval, simulacre d’un véri-table combat,mais qui ne laissait pas

de coûter la vie à beaucoup d’acteurs.Nous avons déjà vu l’amphithéâtredans lequel avaient lieu les combatsd’animaux et de gladiateurs. Jusqu’icion n’a pas trouvé de naumachie dansPompeï ; il est même présumable qu’iln’y en avait pas, et que le port en te-nait lieu; mais les excavations ont faitrencontrer deux théâtres , connus sousle nom de grand et de petit, ou dethéâtre tragique et comique (PL 64).Ce dernier s’appelle encore Odeum.

Ici plus de ces descriptions vagues,incertaines, puisées dans les livresdes commentateurs, des antiquaires;c’est l'antiquité réelle , vivante ; on lavoit, on la touche.

La forme d’un théâtre était presquesemi-circulaire, comme dans la plu-part des nôtres , et sa dimension pro-portionnée à la population de la ville,et de celles à proximité, dont les liabi-tans venaient aussi assister à ces re-présentations , où tout avait lieu enplein jour. Pline nous parle d’unthéâtre de Scaurus , qui avait septcents pieds de diamètre, et pouvaitcontenir jusqu’à quatre-vingt millespectateurs assis. Par quel moyen lesacteurs parvenaient-ils à se donnerun volume de voix assez considérablepour se faire entendre de cette im-mense assemblée ? C’est ce qu’il estimpossible d’expliquer ; ce qui seulnous est parvenu , c’est que les acteursportaient des masques tout le tempsqu’ils occupaient la scène. Ces masquesleur couvraient, non-seulement le visa-ge, mais encore toute la tête ; la boucheen était béante, de manière à favoriserl’émission de la voix, qu’ils grossis-saient au moyen de lames d’acier. Ilsdevaient offrir une grande ressem-blance avec les personnages que l’onvoulait représenter, car la comédie.,chez les Anciens , était une satire per