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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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POMPEL

sonnelle, comme la tragédie la repré-sentation des exploits de leurs dieuxou de leurs héros.

Pour la construction d’un théâtre,on choisissait d’ordinaire la partie laplus élevée de la ville, et la plus favo-rable à la transmission des sons. La dé-clivité d’une montagne facilitait beau-coup le travail, et épargnait des dé-penses ; on recherchait encore le voisi-nage de portiques, pour trouver desuite un abri lorsqu’un orage subitvenait forcément interrompre la repré-sentation; quand il n’en existait pas,on en construisait exprès ; ainsi avait-on fait à Pompeï .

La cavea était formée par une sériede gradins sur lesquels il était ac-cordé à chaque spectateur un espacede seize pouces , ainsi qu’il est aisé dele vérifier dans le grand théâtre, oùles divisions sont marquées. Celui-cipouvait contenir cinq mille specta-teurs.

Entre le scenium et la cavea étaitle proscenium , espace étroit enferméentre des murs à hauteur d’appui, danslesquels étaient pratiquées des nichesoù se tenaient les musiciens, nommésthymelici, à cause des sièges en pierresur lesquels ils s’asseyaient. L’espaceimmédiatement après se nommait or-chestre; comme c’était le lieu le plusrapproché de la scène , on y avait éta-bli des places réservées aux sénateurs,aux patriciens et aux magistrats quis’y plaçaient sur des sièges que leurportaient des esclaves, ou sur un bisel-lium , siège d’honneur que leur avaitaccordé la ville. Cette distinction étaitdes plus honorables. Venait ensuite lapartie affectée au vulgaire ; enfin lesderniers gradins, divisés en compar-timenscomme nos loges, étaient la par-tie réservée aux femmes. Cette partie,dans quelques théâtres, était recou-

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verte ; des deux côtés de l’orchestre, etun peu plus élevées, étaient deux divi-sions «Podium », l’une à droite destinéeaux proconsuls ou aux duumvirs., quiprésidaient aux représentations, et àleurs officiers ; à Rome c’était la placede l’empereur. L’autre était affectéeaux vestales. Ainsi dans ces théâtres,par orchestre on entendait notre par-terre , et par proscenium, ce que nousnommons orchestre ; le scenium étaitle théâtre proprement dit; enfin lepostscenium était le lieu où on dépo-sait les machines et où s’habillaientles acteurs.

Toutes ces divisions n’existaientpasavant Scipiori l’Africain; le peupleentrait pêle-mêle, les premiers arri-vans étaient les premiers occupans,ce qui devait donner lieu à beaucoupde désordres. Scipion, le premier, sé-para les sénateurs des plébéiens. Laloi Roscia réserva les quatorze rangsinférieurs de gradins pour les person-nes élevées en dignité; enfin Pompée ,et après lui Auguste , entreprirent uneréforme complète dans cet usage, etce dernier l’exécuta. Voici le récitqu’en fait Suétone :

«Frappé de l’injure faite à un sé-nateur, à qui, dans les jeux célébrésà Pouzzoles , aucun des nombreux spec-tateurs n’avait fait place, il corrigea ledésordre et la confusion qui régnaientdans les spectacles. Il fit pour cela dé-créter par le sénat, qu’à tout specta-cle public, et en quelque lieu que cefût, le premier rang des sièges reste-rait vacant pour les sénateurs ; il dé-fendit que les ambassadeurs des na-tions libres et alliées fussent assis àl’orchestre, parce qu’il découvrit quequelques-uns d’entre eux étaient filsd’affranchis. Il sépara le peuple dessoldats; les plébéiens mariés eurent uneplace marquée : il y en eut une pour les