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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

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aura servi de modèle à celle du pilier.Attenans au portique sont une fontaineet un puits; à côté du lavoir, sur unautre pilier, est encore une peinturede deux serpens ; peut-être était-ceun talisman contre la jettatura ou lemal’occhio; car, je l’ai dit, les Anciensy croyaient, et à tout moment Pompeï nous en fournit la preuve.

La fascination était surtout consi-dérée par eux comme le résultat d’uncharme irrésistible, et pour s’en pré-server, Plutarque affirme qu’on mettaiten usage les moyens les plus ridicules,citant même jusques à l’emploi duphallus ; non-seulement les hommes ,mais les femmes et les enfans , le por-taient pendu à leur col ou gravé surdes ' anneaux ; ils poussaient encorel’absurdité jusqu’à le porter en proces-sion à travers les campagnes, commel’atteste saint Augustin.

Il es t probable quela corne que lesNa-politains portaient,comme préservatifde la jettatura, et dont j’ai parlé, n’estautre que ce phallus , que nos mœursplus décentes ont altéré dans sa forme.

On a trouvé dans cette place beau-coup d’objets divers, entre autrescinq bouteilles carrées à col circulaire ;l’une encore pleine d’une liqueur quis’échappa au moment où on la décou-vrit ; une autre contenait du caviar ouœufs de poissons préparés , une troi-sième des olives conservées dans l’huileet qui ont traversé dix-huit siècles.

A côté de la fulonica est la mai-son de la Grande- Fontaine , situéedans la rue de Mercure, ainsi nomméeà cause de la quantité de statues de cedieu qu’on y a trouvées. Dans une pe-tite grotte ornée de coquillages et demosaïque, est une fontaine de marbreblanc ornée de masques ; sur le mur dufond sont peints dès arbres et des ileurs.Une chambre latérale contient une pein-

ture représentant une scène dramati-que; deux acteurs masqués déclament;trois autres personnages sont dans lefond et ont le visage découvert ; surun des côtés du tableau on voit unmagistrat assis dans sa chaire. L’in-scription de la façade extérieure feraitsoupçonner que la maison appartenaità cet Holconius, dont le nom était écriten lettres de bronze sur le pavé deYOdeum , au pied de sa statue.

Une autre maison connue sous lenom de la petite fontaine, est atte-nante à celle que je viens de décrire.Elle ne présente d’ailleurs aucune autreparticularité remarquable.

Les taxes qui alimentaient le trésorpublic chez les Romains, spécialementau temps de l’empire, durent néces-sairement exiger un nombre propor-tionné d’employés pour les perce-voir ; ce besoin dut surtout se fairesentir dans les villes maritimes qui,comme Pompeï , faisaient un grandcommerce. Ces fonctions consistaient,non-seulement dans la perception desimpôts, mais dans le payement desapprovisionnemens pour les armées ,les flottes, et généralement de toutes lesdépenses qu’exigeait un gouvernementaussi étendu.

D’après les probabilités, Pompeï de-vait avoir un questeur, ou du moins undélégué du trésor, et ses fonctions, euégard à l’activité du commerce, à la si-tuation et aux richesses d’une des villesles plus célèbres de la Campanie , de-vaient en faire un office important. Ladécouverte de deux coffres dans unemaison située dans un des quartiersle plus fréquenté, la grandeur, laforce et la magnificence de ces coffres ,qui outrepassent celles qui auraient pusuffire au commerce d’un particulier ,tout porte à présumer que leur destina-tion était alïèctée au service du trésor