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au point que l’incendie arrivé sousNéron fut presque considéré commeun bien, puisque, obligé de rebâtirRome , on en fit pour la première foisune ville régulière. L’uniformité de plann’entraîna pas l’uniformité de détails,mais il est des idées de convenances etde bien-être que les Anciens ignorèrententièrement ; ainsi, jamais ils ne su-rent ce qu’était une cheminée, et ilsne connurent point les fenêtres sur larue. Presque toutes leurs chambres, nerecevant le jour que parla porte, lors-qu’elle était fermée, ils étaient plongésdans une obscurité complète.
A la vérité les Romains et les Grecsne sont pas des peuples qu’il faut voirchez eux. C’est au forum et sous lesportiques qu’il faut aller les chercher.Ils aimaient la grandeur et la magnifi-cence dans les édifices publics, princi-palement dans ceux destinés au cultede ia Divinité ; mais dans leurs habi-tations ils se contentaient du néces-saire.
Vitruve est le seul auteur de l’anti-quité qui nous donne des détails géné-raux sur les maisons ; mais son traiténe nous est pas parvenu avec les fi-gures qui contribuaient à l’expliquer.Pompeï est donc, pour l’antiquaire,un livre vivant qui a manqué à ceuxqui nous précédèrent. Nous y voyonsdes maisons construites et habitéesdans le temps que Vitruve écrivait, et,son ouvrage à la main, nous pouvons lesparcourir; l’œil nous donne l’explica-tion des passages que l’esprit n’a pucomprendre.
Combien nos peintures sont infé-rieures à celles que nous retrouvonsdans Pompeï ! Quel art dans la compo-sition de ces couleurs qui ont la trans-parence du cristal, et qui, malgrél’humidité de la terre dans laquelleelles sont restées enfouies, ont pu ré-
sister pendant des siècles ! quelle régu-larité dans le dessin ! quelle grâce dansles poses ! quelle variété dans l’expres-sion ! Mais aussi remarquons que legoût des décorations était général chezeux. Pauvres ouriches, tous décoraientde peintures leurs maisons, leurs cham-bres , leurs murs extérieurs et inté-rieurs. El ces mosaïques qui reviennentpartout ! quelles sommes n’exigeraitpas aujourd’hui le pavé d’un seul denos appartemens ! Cependant nous lestrouvons à chaque pas , non-seulementà Rome , mais dans tous les lieux quiont été habités par les Romains.
La PL 67 représente un panneau dedécoration, pris dans la villa de Dio-mèdes. Elle peut donner une idée despeintures qui ornaient les édifices despersonnages riches. Le fond de la par-tie principale est de couleur fauve.Celui du ceintre est lilas. La plinthe dubas, sous les guirlandes, est violet-bleu.Les panneaux du haut sont de diversbleus, et ceux du bas d’un rouge bril-lant. Les colonnettes sont bleu-foncé,et tous les sujets, d’un dessin char-mant, ont les couleurs qui leurs sontpropres. L’ensemble des couleurs est enharmonie. Nous pourrions donner milleexemples variés pris à Pompeï et à Her-culanum; on serait étonné de la ferti-lité d’imagination des artistes anciens.Aussi les avons-nous copiés dans nosdécorations d’appartemens, et ce n’estpas l’époque où nous avons montré lemoins de goût.
L’art de la statuaire ne le cédaitguères à celui de la peinture. Combiende figures en bronze, de petites statuesd’Hercule, de Pallas, de Jupiter , deMercure, placées au devant des portesdes maisons, ou comme limites deleurs héritage ! Longue serait l’énumé-ration de tous les objets qui mettent àportée de juger à quel point ils culti-