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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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POMPËI.

tritium. Les moulins étaient connus enGrèce et en Asie , long-temps avantque leur usage fût introduit en Italie ,et Rome n’en dut la connaissance qu’auxvictoires de Paul Emile qui les importade la Grèce .

Par ce mot moulin, qu’on n’aille passe figurer les machines que nous con-naissons : un moulin, chez les Anciens,était formé de deux pierres volcaniquesdont une à hase ronde et taillée en py-ramide, s’adaptant dans le creux d’uneautre pierre taillée en double enton-noir et delà forme d’un sablier. En fai-sant tourner cette dernière au moyende deux anses latérales ( voyez la fi-gure, Planche 65 ) que traversaientdeux barres de bois , le grain versédans l’entonnoir supérieur tombait parun trou, entre l’entonnoir renversé etla pierre conique , et le mouvement derotation le réduisait en farine. L’in-térieur de la pierre creuse est doubléenfer, et le cône de celle inférieuretraversé par un pivot en même métal.On employait aussi pour tourner lesmoulins des gens à gages. Plaute ,réduit par la misère à gagner sa viedu travail de ses mains, fut long-tempsoccupé à ce rude métier, et c’est dansles intervalles qu’il trouva le temps decomposer quelques-uns de ses incom-parables ouvrages. Par la suite on ycondamna les malfaiteurs, etl’art ayantfait des progrès, l’on y appliqua desbêtes de somme.

La boutique que nous voyons ici està gauche sur la voie domitienne. Ellecontient trois moulins, une petite,écurie pourles chevaux employés à lesfaire agir, et auxquels on bandait lesyeux ; des fours où cuisait le pain ,des vases pour contenir l’eau, desamphores pour la farine et des mon-ceaux de grains. Ces fours diffèrentsi peu de ceux aujourd’hui en usage,N.

qu’en les réparant il serait aisé des’en servir encore.

On y a retrouvé jusqu’à des pains;sur l’un d’eux, de huit pouces de dia-mètre, sont tracés ces mots : « Siligo .gra.fii » ; sur d’autres : « E. cicera. »Par siligo on entendait une farineblanche, peu nutritive ; il est à croireque c’est le seigle. Cicera voulait diredes pois-chiches, qu’apparemment onmêlait avec la farine. « La faim fittrouver tendre, même jusqu’à ce mau-vais pain de seigle.» (Sénèque , 1. ia3.)

L’abbé Barthélemy prouve que cesmarques étaient ordonnées par la po-lice pour désigner l’espèce de farinedonton se servait. Elles étaient forméespar des lettres séparées.

Puisque la rencontre de la boutiquedu boulanger m’a engagé à parler d’unobjet de première nécessité, je revienssur le logement des Romains, et j’a-jouterai quelques réflexions qui com-pléteront ce que j’ai dit en décrivant lamaison de Pansa.

Les maisons des premiers Romainsfurent, dans l’origine, très-petites. Lesportes restaient ouvertes pour éclairerpendant le seul repas qui, dans destemps de frugalité, suffisaient à cesguerriers pauvres et sobres. A mesureque la civilisation et le luxe s’introdui-sirent chez eux, ils les agrandirent detelle sorte, qu’y loger quatre cents es-claves ne fut plus regardé comme unechose extraordinaire.. On les entourade jardins ombragés, et leur décorationintérieure dépendit du goût et de l’o-pulence du propriétaire. Auguste,dont l’indulgence n’alla jamais jusqu’àtolérer les extravagances de ce genre,entreprit d’y poser des bornes; il fixala hauteur des maisons à soixante-dixpieds ; mais ce règlement fut souventéludé. Cette infraction amena de l’irré-gularité dans la symétrie des édifices,