vaientles beaux-arts, et combien ils lesavaient perfectionnés.
A la vérité l’art de construire, dumoins à Pompeï , n’offre pas le mêmedegré de perfection; peut-être la loca-lité en est-elle cause. De bonnes fon-dations, des murs solides n’y ont pasété regardés comme indispensables, etle talent de l'architecte a dû plutôt sediriger sur les moyens de préserver dela chaleur. Aussi ne trouvons-nousdans Pompeï que des maisons, dont unenduit, pi us ou moins épais, recouvredes murs mal construits, en mauvaisesbriques jointes ensemble par un ci-ment , et dont l’épaisseur ne correspondpas même à l’usage auquel ils étaientdestinés ; c’est à cet enduit qu’ils sontredevables de leur conservation, il lespréservait de l’humidité , qui seuleétait à craindre.
L’architecture des maisons nousétant connue, nous pouvons aisémentnous représenter les convives prenantleur repas ; nous n’avions encore à cesujet que des notions vagues.
Au milieu de la salle à manger« triclinium » s’élevait une table enbois de citronnier, d’ébène, d’ivoireou de bronze. Les convives sur leu^slits étaient placés autour, mollementappuyés sur des coussins couvertsd'étoffes précieuses brodées en or.
Les repas se composaient de troisservices : le premier en œufs, olives ,huîtres, salades, et autres hors-d’œu-vre ; le second, en ragoûts, poissonset viandes rôties ; enfin, le troisième ^en pâtisserie, mets sucrés et fruits,ordonnance qui se rapproche plus oumoins de celle que nous observons ;mais il nous était difficile de nous for-mer une idée de leur cuisine. A lavérité Horace parle souvent de repas ;mais comme ce n’est que sur le ton dela satire, nous ne pouvions nous en
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rapporter àlui. Voici qu’une fresque àPompeï vient à notre secours et nouspermet d’asseoir quelques idées à cesujet.
Sur une table est servi un large pla-teau carré. Aux quatre angles sontquatre paons dont les ailes déployéesforment un vaste dôme. Entre cespaons sont placés quatre homards , lepremier tenant dans ses pinces un œufbleu, le second une huître, le troi-sième un loir, et le quatrième un pa-nier de sauterelles. Cet immense pla-teau est accompagné de quatre autres,chargés de poissons , de perdrix , delièvres et d’écureuils, chacun leur têteentre leurs pâtes et nageant dans lasauce; viennent ensuite une rangéede jaunes d’œufs, une de pêches, depetits melons et de cerises, et enfin uneautre delégumes de différentes espèces.
Dans les banquets ordinaires, lors-que tous étaient égaux en dignité , lemaître de la maison se plaçait au mi-lieu, et les hôtes indifféremment, à sadroite et à sa gauche. Dans les occa-sions solennelles, telles, par exemple,que l’invitation faite à un consul ou àtout autre magistrat, celui-ci occupaitla place d’honneur , les maîtres de lamaison venaient ensuite, de chaquecôté les invités et la tourbe des para-sites. Les convives placés, on leurprésentait une couronne de fleurs ar-rosée de parfums, après quoi on fai-sait les libations en l’honneur des pé-nates et des divinités hospitalières.L’on élisait ensuite ou on tirait ausort un tatiarcham, ou roi, qui pen-dant toute la durée de la fête exerçaitune autorité suprême.
.Quem Venus arbitrum
Dicet bibendi.
Hor. , lib. je , od. 5.
Quel est le roi que Vénus donneA cette troupe de buveurs.
7'rad. de Daru.