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respects, son corps, apporté dans le fo-rum, était placé sur une estrade, envue de tous, et la multitude haranguéepar un panégyriste qui, montant auxrostres, prononçait une oraison funè-bre. Il avait le soin de citer les actionsoù avaient pris part quelques-uns deceux encore vivans et probablement aunombre des auditeurs; ainsi la louangedonnée au mort s’étendait à-tous, etla perte d’un individu devenait enmême temps une source de deuil etde stimulation.
Q ue l’un des descend ans de ces grandshommes se fût montré digne émule deses ancêtres, les bustes de sa famille,revêtus des insignes de leurs dignités ,étaient, dans les occasions solennelles,exposés au lieu le plus apparent etportés en procession au forum. Là, lesmêmes chaises curules les recevaient;morts, ils siégeaient encore dans cesénat où ils avaient siégé vivans, etl’orateur, après un court éloge du dé-funt, revenait à celui de ses ancêtres;ainsi d’âge en âge se transmettait lagloire et se perpétuaient les souve-nirs. Quel plus beau, plus noble spec-tacle! Qui plus dignement peut inspi-rer l’homme que le souvenir de ceuxdont les vertus ont si éminemmentbrillé, et la pensée qu’un jour des hon-neurs semblables lui seront rendus !
C’est dans lebut d’honorerles morts,et de les offrir en exemple à la généra-tion vivante, que nous voyons ces mau-solées s’élever à l’entrée des cités. ÂPompeï , ceux qu’on a découverts sontdans le faubourg appelé Augustus Fé-lix , sur la route que l’on suit en ve-nant d’Herculanum . Ils forment unesérie de monumens, et l’on est dansl’usage d’appeler cette voie la rue desTombeaux ( Foyez Pi. 71 ).
L’entrée du faubourg est marquéepar la maison de campagne de l’affran-
chi Arrius Diomècles . On y monte parun escalier de quelques marches, enbrique, terminé par deux petites co-lonnes latérales. Ce fut une des pre-mières découvertes; j’emprunterai en-core ici un récit très-curieux de Denon.
«Nous descendîmes ce jour-là dansla cave où l’on voit vingt-sept sque-lettes de femmes, qui vraisemblable-ment , dans l’horrible confusion de cettefatale journée, s’étaient cachées danscet endroit retiré où elles se ci’oyaientà l’abri des cendres ; elles avaient placédes planches en talus pour en faire uneespèce de toit sous lequel elles pussentrespirer, et c’est là-dessous qu’on aretrouvé leurs déplorables restes. Elless’étaient toutes placées à côté l’une del’autre, et entre.leurs os on a trouvé,sur la cendre durcie, les moules d’unegrande partie de leurs corps. On con-serve au muséum l’empreinte de lagorge de l’une d’elles qui devait êtrefort belle. On y conserve aussi leursanneaux, leurs bracelets, leurs chaî-nes de cou et leurs boucles d’oreilles.Tout cela est d’or, et prouve que cesvingt-sep tmalbeureusesfemmes étaientd’un rang distingué. On voyait aussidans cette cave les vingt-sept têtes deces infortunées. L’une d’elles, qui estencore garnie de cheveux, a été portéeaumuséum et mise sous verre. Je ne saissi on continuera d’en montrer vingt-six, mais j’avoue qu’il ne peut plus yen avoir que vingt-cinq véritables, carje ne pus résister au désir d’avoir enbonne fortune la tête d’une dame ro-maine; et, ayant trouvé le moyen del’emporter à l’aide d’un très-grandmanteau, je suis parvenu à la faire pas-ser en France, où nos jolies Françaises pourront s’étonner de la dimension etdes formes qui faisaient la beauté dece temps. J’aurais bien voulu pouvoirprendre du vin dont étaient sans doute