n’attirait pas seule l’atteutiou de sesplus grands hommes, mais leur entre-tien devenait encore l’objet de leur sol-licitude. Personne n’était exempté decet office,et déjà, au faîte du pouvoir,Auguste tint à honneur d’exercer cettesurintendance.
Ces routes étaient formées de troiscouches, dontla dernière était en pierresplates, jointes entre elles d’une ma-nière si solide, que, malgré les sièclesqui se sont écoulés, il n’est pas rared’en retrouver encore des fragmens in-tacts.
Auprès des villes, les routes se bor-daient de trottoirs « margines », et lapartie du milieu « agger » était dispo-sée en chaussée pour l’écoulement deseaux. Dans Pompeï , l’agger, formé enlave, avait environ treize pieds, etles trottoirs, élevés de dix pouces, enavaient de deux à quatre. Sur les gran-des routes, par intervalles de dix àdouze pieds , sont des espèces debornes dépassant le trottoir pour ser-vir d’indication aux voyageurs lors-que ces routes étaient encombrées, soitpar la terre qu’apportaient les pluies,soit par les neiges.
Parmi ces routes, la voie Appienne,construite avec encore plus de soin quetoutes celles auxquelles elle servit demodèle, mérita le nom de Heine desroutes, Regina uiarum. Entreprise sousles ordres et par les soins d'AppiusClaudius Senex , dans l’origine elles’arrêta à Capoue, par la suite on lapoussa jusques à Brindisi , et de cetteroute partit la voie Domitienne, dontles ramifications nombreuses se diri-gèrent en divers sens. Une de ses bran-ches passa à Pouzzoles et à Baïa, tan-dis, que longeant la côte, une autre s’é-tendit jusqu’à Herculanum , Oplonti etPompeï , où elle se termina à la rue desTombeaux, ou porte d’Herculanum . AN.
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la porte de 3N T ola commença la voie Po-pilienne, qui conduisait à Rheggium ,Reggio .
Ces diverses routes, traversant unecontrée enrichie par la nature, furentornées de tout cequela magnificencedeshommes put inventer : des temples,des arcs de triomphe, des villas, destombeaux , furent tour à tour semésde côté et d’autre, dans une pittores-que irrégularité. Les Anciens avaientle génie des grandes choses, des con-ceptions nobles et grandioses. Le secretde leur art ne réside pas uniquementdans la simplicité et la correction dustyle, il étend son action au dehors, ilen recule les limites, il va chercherdes ellèts dans le choix d’un emplace-ment favorable, il combine ses beautésavec celles de la nature. Les Anciensne faisaient rien au hasard; dans lechoix d’un site, indépendamment deseffets du paysage, ils recherchaient desrapports moraux, ils ménageaient desleçons de piété, de patriotisme, degratitude, langage éloquent! Elevaient-ils un temple, c’était sur un promon-toire ; des tombeaux, ils en bordaient lerivage des mers, le lit d’un fleuve, lachaussée d’un grand chemin. Us vou-laient que le voyageur apprît un nompeut-être trop tôt effacé de la mémoiredes hommes, et qu’interrogeant l’in-scription sépulcrale, il y lût des leçonsde morale et de vertu.
Ces monumens étaient d’une magni-ficence en rapport avec la richesse etle goût de celui pour qui ils étaientélevés. C’était tout ce qui restait delui. Cet usage d’honorer les hommesaprès leur mort fut, dit Polybe,une des causes de la supériorité des Ro-mains sur leurs rivaux par l’émulationqu’elle excitait. Lorsqu’un homme dontla vie avait été digne d’admirationmourait, ses restes étaient entourés de
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