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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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POMPEI . 179

remplies (les grandes cruches rangéescontre le mur de Æeltemême cave, maisla cendre ayant pénétré dans ces vasess’est emparée de cette matière fluide,et en a détruit la substance. Ces am-phores étaient hautes de trois pieds etdemi.

» On a trouvé ailleurs, dans des va-ses de cristal, du vin qui s’était coa-gulé, et avait pris la consistance de larésine. J’ai essayé de manger de cettematière qui paraissait à l’oeil avoir dela ténacité sous la dent; elle s’est bri-sée, cpmme une substance calcinée, sanslaisser dans la bouche aucune espècede saveur, et sans s’y délayer davantageque la poussière de charbon.

» Auprès de la porte qui donne surla rue, on nous montra l’endroit oùl’on avait trouvé deux squelettes, quiétaient vraisemblablement ceux du maî-tre de la maison et de l’un de ses es-claves ; le premier tenait une clef à lamain et de l’autre un sac où étaient del’argent, des médailles et des camées.L’esclave portait un coffre rempli d’ef-lets précieux, comme vases d’argent,de bronze, etc. Il est probable que,cherchant à fuir avec ses bijoux , ilavait perdu trop de temps, qu’en arri-vant près de la porte il la trouva com-blée par les cendres, et qu’en allantl’ouvrir il fut renversé et enterré souscette masse 1 » .

En face de la maison est le tombeaude la famille, indiqué par une inscrip-

' Ce qui précède a été observé par Denonen 1777, trois ans après la découverte. Aujour-d’hui les squelettes n’y sont plus, mais lesamphores sont restées dans la même position.Denon fait, non sans raison, des réflexions surcette fuite d’Arrius Diomèdes. Les vingt-septfemmes étaient à la cave, et sans doute ce n’é-tait pas pour les aller retrouver qu'il s’était char-gé de tous ses effets précieux, et qu’il passait leseuil de la porte. On pourra ici, sans avoir enviede médire , penser à l’avarice de ce propriétaireet à son inhumanité. (Note de l'Éditeur.)

tion tumulaire , deux bustes , et lesnoms de deux enfans de Diomèdes .

Tout près est le triclinium funèbre,salle à ciel ouvert, ornée de fresques,et où l’on se réunissait pour célébrer lesilicernum , ou repas funèbre. « La cé-rémonie des funérailles se terminait parun festin qui était ordinairement unsouper que l’on donnait aux parens etaux amis; quelquefois même on distri-buait de la viande au peuple ; et neufjours après on faisait un autre festinqu’on appelait le grand souper , la no-vendiale , c’est-à-dire la neuvaine ; onobservait dans ce dernier repas dequitter les habits noirs et d’en prendredeblancs.» {Encyclop. yintiq., art. Fu-nérailles. ) Ce repas fournissait l’occa-sion de déployer un très-grand luxe.Fréquemment la table était d’argent,et soigneusement travaillée. Entre laporte et la table on voit encore à Pom-peï l’autel où l’on sacrifiait aux divini-tés infernales.

Après ce triclinium est le tombeaude Naevoleia Tyché, affranchie de Ju-lie. {Voyez PI. 71 , le premier tom-beau. ) Le cype en marbre qui le sur-monte, élevé de deux marches et sculp-té de trois côtés, est terminé par unecorniche élégante. Sur le côté faisantface à la rue, je lus une inscriptionen l’honneur de cette Naevoleia, qui« pendant sa vie éleva ce monument» pour elle et pour C. Munatius Faus-» tus, Augustal, habitant de ce bourg,

» à qui, de concert avec le peuple, les» décurions accordèrent les honneurs» du bisellium. Elle l’érigea aussi pour» ses affranchis et ses affranchies ».

Au-dessous de l’inscription, un bas-relief représente un sacrifice et deuxgroupes de plusieurs personnages. Ducôté de Pompeï , je vis, sculpté, cebisellium , ou siège honorifique, dontl’inscription fait mention, et qui si