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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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POMPE 1.

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qu’ici cinq ont été découvertes : cellesd’Hcrculanum , du Vésuve , de Kolaoud’lsis, du Sarno et de Slabia.

La porte d’Herculanum (PI. 72) pré-sente trois ouvertures. Celle du mi-lieu, où passe la voie domitienne, aquatorze pieds de large, et pouvait enavoir vingt de hauteur. I,a voûte estécroulée. Au lieu de gonds dont on neretrouve aucune trace, deux rainuresprofondes font présumer qu’elle se fer-mait par une herse. Les ouvertureslatérales, qui ont conservé leurs voû-tes, ont quatre pieds et sont hautesde dix. Franchissons la porte et ache-minons-nous dans la voie consulairequi monte légèrement, et que j’ai dé-jà parcourue dans mes précédentes re-lations

La première maison à droite, dans laville, est celle d ’ Albinus (PL 71) .■ uneinscription, lisible encore, nous retracece nom. Cette maison, où l’on a trouvédivers objets de difiérenles natures, estaujourd’hui généralement reconnuecomme ayant été une auberge, ou plu-tôt une de ces stations de poste, éta-blies, au rapport de Suétone , par Au-guste sur les routes consulaires. Ce quia suggéré cette opinion est la trouvaille,qu’on fit dans une écurie , d’ossemensde chevaux et d’anneaux scellés dansle mur, ainsi que des chars et des piècesde fer taillées en essieux.

Immédiatement à côté de l’auberged’Albinus s’élève le célèbre pilier por-tant en relief un phallus. Mille com-mentaires ont été fai ts sur ce bas-relief :selon le plus grand nombre, il indi-quait une maison de prostitution. Ilest reconnu maintenant, après examenfait des objets trouvés dans la boutiqueà laquelle il servait d’enseigne, qu’ilétait la représentation de l’objet mômeque l’on y vendait, c’est-à-dire d’uneamulette. En effet, on en a trouvé dans

ccttc maison, un grand nombre en or,en argent, en bronze et en corail, et,je crois, encore d’autres bijoux. C’étaitdonc l’atelier et la boutique d’un bi-joutier.

Ainsi que l’histoire nous transmetles faits et les actions d’un peuplequi n’est plus, les monumens serventà nous ini tier à ses usages, et quelque-fois nous en donnent la physionomie.C’est pour cela que nous voyons chaquenation civilisée en élever pour attesterun jour et son opulence et sa gloire.La vue de Pompeï ressuscitée, que dix-huit siècles nous ont conservée commemonument, nous met infiniment plusen rapport avec les mœurs des Pom-péiens , que n’eussent pu le faire lesmémoires les plus détaillés. Ce n’estplus un froid récit , c’est un drameauquel on assiste. Quelle bizarreriedans les vicissitudes humaines ! Un évé-nement affreux , imprévu, qui porte ledeuil et la désolation sert, dix-huitcents ans après, de sujet d’étudesà des générations nouvelles, et devientune source incessante d’émotions. Sanscette éruption, alors si fatale, que dechoses ne seraient jamais parvenuesjusques à nous ! Ici l’on pénètre dansl’intérieur d’une famille, on assiste aulever d’un Romain, on voit une femmeà sa toilette, une autre à son ménage :un magistrat dans les affaires publi-ques, on le suit au forum , on le voità table avec ses amis. Ces fiers ré-publicains, que l’histoire nous fait sigrands ! nous les voyons esclaves demille superstitions, trembler devantl’autorité, flatter le pouvoir, et implo-rer le protecteur en qui ils ont espoir.C’est ainsi que dans toutes leurs in-scriptions se trouve une dédicace àun personnage puissant, et ces mots :

.j Rogat ut faveat, «. prie afin

qu’il lui soit faavorble ».