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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE.

noire excessivement fine. Au-dessusune couche de sept pieds de lapillo,ou petites pierres ponces, une troi-sième de cendre qui peut avoir deuxpouces, une de lapillo de même épais-seur , puis revient la cendre à vingtpouces, et le lapillo à quinze; enfin ladernière couche de cendres peut avoirquatre pieds. Le tout est recouvert parune couche de terre végétale de mêmeépaisseur. Cette terre n’est autre quede la cendre décomposée par l’airet rendue à la végétation.

De cette disposition on peut con-clure que ce ne fut ni un torrent defeu_, ni un torrent d’eau qui ensevelitcette malheureuse ville, mais une pluiede matières volcaniques.

L’éruption apaisée , les malheu-reux habitans, remis un peu de leurfrayeur, revinrent, et, faisant quel-ques excavations , découvrirent d’a-Lordles édifices publics, puis les mai-sons où ils espérèrent trouver des objetsprécieux. C’est ce qui explique l’étatde spoliation dans lequel on en a trou-vé plusieurs. Il est prouvé qu’ils nepensèrent pas à rebâtir une ville ainsienfouie sous vingt pieds de matièresvolcaniques.

Les édifices souffrirent plus oumoins des tremblemens de terre, dontla violence fut telle, di t Pline, que non-seulement les maisons semblaient semouvoir, mais qu’elles paraissaient ar-rachées de leurs fondemens et s’écrou-laient. Ainsi disparut Pompeï , ense-velie sous la cendre. Il n’est donc passurprenant qu’on ne retrouve plus lesparties supérieures des édifices. Lesmonumens publics sont les plus dé-pouillés, parce que, plus en vue, ilsarrêtèrent davantage l’attention de

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ceux qui revinrent fouiller les ruinesencore fumantes. En effet, on retrouveintacts les stucs et les peintures, et il

reste à peine quelques vestiges desmarbres. Ainsi les soixante colonnesen stuc de la basilique sont encore de-bout, tandis qu’il en reste à peine unedes portiques d’Eumachia. Les pavésen mosaïque se voient encore et ceuxen marbre ont disparu. Quant aux bi-joux ou aux pièces de monnaies, c’estauprès des squelettes et dans les ruesécartées qu’on les a retrouvés. L’er-reur des malheureux habitans fut devoir leur salut dans les souterrains, etils en furent les victimes, comme l’at-teste le grand nombre de corps quel’on y a retrouvés, tandis que dans lesrues ou les places publiques il n’y enavait que très-peu. Dans un souter-rain , près du temple grec, on en trou-va sept qui s’étaient munis de leurstrésors, consistant en soixante - huitmonnaies d’or à l’effigie de Vespasien ,et onze cents en argent. La maison deDiomèdes , la basilique et plusieursmaisons sont encore des exemples decette imprudence.

Jusqu’ici on porte à quatre ou cinqcents le nombre des squelettes retrou-vés ; ce nombre est faible, eu égard à lapopulation d’une ville que des calculsmodérés supposent avoir renfermé dansses murs quarante mille habitans, maisil faut se souvenir qu’un quart de laville seulement est déblayé.

Il est vraisemblable que la résolu-tion de fuir fut prise avec une grandepromptitude et exécutée de même, etl’on peut juger de la précipitation desfuyards par la quantité d’ustensiles pe-sans qu’on a déterrés loin des maisonset qui avaient probablement été aban-donnés dans cette fuite.

Les remparts de Pompeï étaientdoubles, ou superposés en terrasses,de manière que, quand le premier étaitescaladé, il fallait encore franchir lesecond. Cet usage s’est perpétué dans