l’Orient, et il y a été retrouvé par lescroisés. Soutenus à l’intérieur et à l’ex-térieur par des murs en grandes pierresde lave sans ciment, leur épaisseurétait de quatorze pieds , la hauteur dumur extérieur est de vingt-cinq pieds,et celle du contre-mur s’élevait encored’environ huit pieds. Quelques-unesdes pierres sont entaillées et encastréesl’une dans l’autre, de manière à se main-tenir mutuellement, méthode de con-struction qui tient des murailles pé-lasgiques ou cyclopéennes, et qui faitconjecturer que les parties ainsi bâties
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sont l’ouvrage des Osques ou du moinsdes premières colonies grecques quivinrent s’établir dans la Campanie .Les deux murs étaient crénelés et pré-sentaient l’apparence d’une double en-ceinte de remparts ( V^oy. PI. y3l.
Ces murailles sont dans un désordreque l’on ne peut attribuer aux trem-blemens de terre seulement, et quiparaît indiquer qu’elles ont été plusd’une fois attaquées et démantelées.Les tours , qui servaient en mêmetemps de poternes, sont d’une construc-tion moins ancienne.
HIECUIiANVM.
Suivant les uns, ville des Osques oudes Étrusques, et l’une des douze citésque ces peuples fondèrent dans la Cam-panie : suivant les autres, colonie grec-que ou phénicienne qui doit à Her-cule son origine, Herculanum a acquisplus de renommée par sa résurrectionque jamais elle n’en eut dans les tempsde sa plus grande splendeur.
Elle ne commence à dater qu’à partirdelà guerre sociale. Tite-Live nousdit que les Romains l’enlevèrent auxSamnites, alors maîtres de la Campa-nie. Sp. Carvilius, l’an de Rome 46°)en fit le premier siège, et Titus Di-dius , proconsul, s’en empara deuxcents ans après. Les Romains la gar-dèrent long-temps comme ville confé-dérée, puis, à la fin de la guerre marsi-que, l’agrégèrent à la république, dontelle devint colonie, titre qu’elle prenddans une inscription consacrée à L.Munatius Concessanus , son protec-teur. Cette inscription , maintenantà Naples, a été retrouvée à la Torre delGreco .
Sa situation, sur un promontoire et
entre deux fleuves aujourd’hui des-séchés , a dû la rendre précieuse auxRomains, qui vinrent en grand nombres’y établir et y créer des villas. Cicéron ,dans ses lettres, parle de la villa quiappartenait aux deux frères Fabius;Sénèque cite une maison de Caligula ,que cet empereur fit abattre parce quesa mère y avait été retenue prisonnièrepar Tibère , et dont la magnificenceétait au-dessus de toute description.Stace vante la somptuosité et surtoutle goût qui décorait ses palais :
On y voyait briller ces chefs-d’œuvre des artsQu’enfanta le pinceau d’Apelles ,
L’image des héros favoris du dieu Mars,
Et de l’antiquité les plus riches modèles.
De Phidias le ciseau créateurAu marbre y conservait la vie ,
Le bronze, obéissant soumis à son génie,
Y multipliait la splendeurEn ornemens divers que l’art seul pouvait rendre.
Partout brillait sur les lambrisCe métal précieux qui de Corinthe en cendreEnrichit un jour les débris.
Le commerce y avait accumulé desrichesses que les habitans dépensaientà décorer leurs édifices, en général