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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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HERCULANUM . 180

cence, que l’on pût parcourir ces ruestirées au cordeau avec ses trottoirs ;celle surtout bordée de colonnades, quiconduisait à deux temples superbes,combien le voyageur serait plus satis-fait, car si Pompeï attriste l’âme , Her-culanum la fait mourir. Dans Pompeï on voit briller le soleil : ce spectacleparle au cœur; mais en entrant dansHerculanum on croit être sorti de lanature. Dans cette ville souterraine ,on entend le bruit et le mouvement dePorLici que l’on a sur la tête. Rien n’estplus étrange que d’entendre rouler surces voûtes antiques les voitures quipassent dans la ville moderne. On sehâte de sortir de ce séjour de ténèbres,et de se distraire des émotions que l’onvient d’éprouver. On revoit avec plai-sir le jour et la vie.

Le théâtre, trouvé dès les premièresfouilles, était décoré de marbres dediverses couleurs, de colonnes, de sta-tues ; on trouva sur l’avant-scène lesstatues en bronze des neuf muses ; lesbases de quelques colonnes étaient enalbâtre fleuri. On y a trouvé des frag-mens de chevaux en bronze, qui pro-bablement étaient placés au haut desgradins; une partie des murs était re-couverte en marbre de Paros . C’est leplusintact de tous les théâtres qui sontparvenus jusqu’à nous.

Le forum est entouré de portiquessoutenus par des colonnes et pavéen marhre; à l’entrée étaient des arca-des ornées de statues équestres en mar-bre : c’est là qu’on a trouvé celles desBalbus ; dans un enfoncement on voitun sanctuaire élevé sur trois marches,où était la statue de Vespasien , et àses côtés deux personnages dans deschaises curules, peut-être ses deux fils.Adroite et à gauche, dans deux niches,les statues en bronze de Néron et deGermanicus .

N.

Après le forum vient un autre por-tique et deux temples voûtés, ornésintérieurement de colonnes, de pein-tures à fresque et d’inscriptions enbronze. Plus loin un troisième temple,un monument funéraire entouré depiédestaux et renfermant des urnes ;ensuite des rues et une foule d’habita-tions particulières, entre autres celleappelée maison des Papyrus, à causede ceux que l’on y trouva au nombre dehuit cents. C’est dans celte maisonqu’était la statue d’Aristide que l’onva admirer au musée. Herculanum aenrichi le musée de peintures,de verres,de médailles, d’ustensiles, de husles,d’idoles, et surtout des deux seules sta-tues équestres en marbre que l’anti-quité nous ait transmises : celles desBalbus père et fds.

En janvier 1828, en attaquant lapartie voisine de la mer, on découvritune rue droite et large, pavée en dalles,conduisant au port, et bordée de mai-sons dont l’accès est libre comme cellesde Pompeïj(Pl. ^ 4 ) ; nous distinguonsdes morceaux de poutres et quelque-fois des architraves pour soutenir unétage supérieur, dont parfois on re-trouve les murs ainsi que la charpentedu toit. Une particularité dTIercula-num, inconnue à Pompeï , ce sont desvestiges de cheminées, du reste mêmepavé en mosaïque, même distributionintérieure , même goût dans les orne-mens et les fresques. Çà et là sont se-mées des habitations de pauvres ou-vriers, à côté des traces de l’opulence;de longues colonnades entourent unjardin, des salles de bains et jusqu’auxtringles pour soutenir des rideaux, etdes sonnettes pour appeler les esclaves.Tout est là, et intact. On a trouvé, dansccs habitations, de la farine dans l’étatde pâte, un torchon plié, des vases deterre cuite remplis de graines, de blé,