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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

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d’un travail grossier, représentant unsénateur assis, faisant peser des mar-chandises avec une balance de la formede celles que nous nommons romaines.

La ville n’olfrant rien d’intéressant,je me dirigeai sur Caserte , par uneroute si belle et si agréable, que j’enfis une partie à pied. Après avoir dé-passé plusieurs tombeaux antiques,elle ne me présentait plus qu’une suitede prairies émaillées de fleurs commeau printemps.

Celui qui veut jouir de la perspectivequ’ofl’re le palais de Caserte , ne doitpas venir de Sainte-Marie, il doit levoir venant de Naples ; à un mille dedistance il aperçoit déjà sa façadeimmense, et surtout cette belle cascadequi se précipite d’une hauteur de troismilles, et dessine une ligne d’écumeplus éclatante que la neige. Caserte estle Versailles de Naples , bâti par Char-les III, le Louis XIV de ce royaume,qui eut à vaincre les mêmes difficultés,et qui, ainsi que son modèle, dépensades millions. Le palais, sans contredit,est un des plus beaux et des plus re-marquables de l’Europe , par la richessede ses marbres tant anciens que mo-dernes.

On peut se faire une idée du palaisde Caserte ( PL 76 ) en regardant leLouvre du côté de la rivière ; mais aulieu d’une cour comme celle du Louvre,le palais de Caserte , construit sur unplan presque carré, est divisé en quatrecours par deux corps de bâtimens en'croix. Pour faire juger de l’immensitédes appartemens qu’il contient, je di-rai qu’un seul des corps de bâtimentsuffisait à Murat pour loger toute sacour qui était nombreuse. Ce grand etmagnifique palais fut construit sur lesdessins de Vanvitelli .

On y entre par trois portes princi-pales, dont une donne entrée sous un

superbe portique que l’on traverse envoiture. Au centre est un vestibuleoctogone orné de vingt colonnes do-riques, qui communique à l’escalierprincipal, d’une richesse incompara-ble , et composé de cent dix-septmarches, la plupart d’une seule pièce.Les marbres précieux dont est revê-tu cet escalier et ses deux rampes d’unegrande proportion, ont quelque chosede noble et d’imposant. Sous le rap-port de l’architecture, cette partie dupalais mérite le plus d’éloges. Dansle vestibule on retrouve des traces dela guerre civile ; des écornures sur lescolonnes attestent que, lors de la réac-tion de 1799, l’on se battit sous cesvoûtes.

Tout ce que le royaume a pu fournirde précieuses dépouilles d’antiquitéen marbre, et particulièrement cellesqu’on a tirées du temple de Sérapis àPouzzoles est là jeté à profusion. Lachapelle surtout est d’une magnificencequi a fait dire à sir John Eustace que,construite sur le plan de celle de Ver-sailles pour la forme, elle lui est debeaucoup supérieure pour la richessedes matériaux.

L’appartemment du roi et de lareine , dit une personne admise dansl’intimité de la cour , madame la prin-cesse de Gonzague, qui écrivait en1783, est noble : mais aucun souverainne serait assez riche pour orner etmeubler ce palais d’une manière ana-logue à la magnificence de sa construc-tion.

Le théâtre est un modèle de goût etd’élégance; il est enrichi de,colonnesd’albâtre tirées aussi du temple deSérapis , et qui soutiennent le pla-fond et les loges richement décorées.

Le parc, d’un mille de longueur, setermine d’une manière heureuse parla belle cascade dont les eaux écu-