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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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CAPOUE, MONT-CASS1N, etc.

rituel du territoire et de ses habitans.Tout cela se passait dans le temps que,devenue la proie des barbares , l’Italie obéissait aux Goths .

L’abbé était dans la ville depuisquelques jours ; je me bâtai d’aller luiprésenter mes devoirs. Je trouvai unhomme d’un extérieur doux et avec lesmanières du grand monde, qui m’en-gagea à remettre mon voyage à l’aprèsmidi, redoutant pour moi un dînerdans un couvent où l’on ne vit que delégumes apprêtés à l’huile ; mais aper-cevant le monastère qui paraissait peuéloigné, je n’en tins compte et je memis en route à pied , me moquant deceux que je vis partir à dos de mulet.L’escarpement de la montagne estadouci par un chemin taillé dans le roc,zigzag perpétuel que l’on met deuxheures à monter. Par le plan et parl’exécution, ce chemin ressemble beau-coup à celui de l’Alsace , lorsqu’on yentre parla montagne de Saverne .

Ce monastère (PI. 77) conserve audehors, et aubas delà montagne, quel-que chose d’une citadelle, aspect quejustifient les événemens dont il fut lethéâtre dans les premiers siècles deson existence ; alors la vie de couventétaitloin d’être tranquille. Ces couvenssoutenaient des sièges, et la nécessitéles faisait fortifier ; après les barbares,les tremblemens de terre vinrent atta-quer ce vénérable monument. Deuxfois détruit de fond en comble, il futgénéreusement secouru et relevé parplusieurs papes, parmi lesquels sedistingue Urbain Y, ami de Pétrarque,qui, par sa piété et son goût pour lesarts , fit honneur à l’ordre de saint Be-noît . Le mont Cassin se rattache en-core d’une manière éclatante à l’his-toire des lettres. Dans le naufrage dela civilisation , ses religieux sauvèrentles ouvrages des grands hommes de

l’antiquité , et dès le onzième siècle ,l’illustre Didier, depuis pape sous lenom de Victor III , faisait copier à sesreligieux Homère , Virgile , et tous lespoètes ou historiens grecs et latins. Ilappelait de Constantinople des artis-tes pour orner de mosaïques son mo-nastère, et préparait ainsi de loinl’époque de la renaissance.

Pour entrer au mont Cassin, je tra-versai un long et sombre passage sou-terrain, dans lequel est pratiqué unescalier de quarante marches, et qui ^selon la tradition populaire , aurait étéhabité par saint Benoît. Le grand carac-tère delà cour et del’escalier du premierparvis paraît encore plus imposant àla sortie de cette espèce de caverne.Si la grille eût été posée vis-à-vis dela façade, projet que la dépense em-pêcha d’exécuter, cet effet, malgré labeauté du coup d’œil, eût été manqué(PI. 77).

L’apparition de cette église et deson double parvis, au sommet d’unemontagne et dans la solitude sauvagede l’Apennin , est tout-à-fait merveil-leuse ; elle me frappa, et j’étais encoreen extase, les yeux en l’air, n’aperce-vant plus rien autour de moi, lorsquetout à coup une large main passéederrière mon épaule, me communiqueune impulsion à laquelle il m’est im-possible de résister, et ces mots, caris -simo amico, frappent mon oreille. Dansce robuste interlocuteur, je reconnaismon compagnon de voyage du bateauà vapeur. Sa rude accolade me rap-pela l’habitude napolitaine, d’accablerde caresses au milieu de la rue lamoindre connaissance. Je fus charméde cette rencontre. Il avait été mon ci-cérone à bord, il allait le devenir ici,d’autant plus volontiers qu’il était surson terrain.

11 fut toute effusion, et me témoi-