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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

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gna tant de cordialité qu’il n’eût tenuqu’à moi de me croire le meilleur deses amis. Pour ces bons cénobites, lavue d’un étranger est chose fréquente,mais rarement ils ont occasion de voirdeux fois celui qu’ils ont accueilli unepremière. S’emparant de moi, il meconduisit, me montrant tout dans leplus grand détail, et s’empressant deprévenir mes moindres questions.

Nous commençâmes par l’église ;pour y arriver, on traverse trois cours,les deux premières renferment deuxtronçons de colonnes, l’un de granit,l’autre du plus beau porphyre, tous lesdeux de neuf pieds de circonférence.

D’une cour à l’autre, on monte pardes escaliers décorés avec magnificence,la troisième porte le nom de Paradis.Auprès de l’église est un large escalierde quarante degrés, au pied duquelsont les statues colossales de saint Be-noît et de sainte Scolastique, sa sœur;cet escalier est couronné d’un péristyleque termine une riche balustrade dontles massifs portent quatre bustes an-tiques. Ce péristyle sert de portique àune cour plus riche encore qui formele parvis de l’église, il est en colonnesde granit oriental, et à l’entour sontseize niches renfermant les statues desbienfaiteurs du couvent, parmi lesquelsfigure Charlemagne .

Trois portes magnifiques fermentcette église. Celle du milieu vient deConstantinople . Le moine, avec unesorte d’orgueil, m’y fit lire, en lettresd’argent, les noms des terres, châteauxet villages autrefois dépendans du mo-nastère.

L’intérieur de l’église est richementorné. Marbres, sculptures, peintures,arabesques , tout y abonde ; son en-semble a quelque chose de magique,surtout à la chute du jour. Les colon-nes de la nef sont de granit oriental.

J’y vis l’orgue si vanté pour le fracasde ses tonnerres et les fanfares de sestrompettes ; et les mausolées de GuidoFeramosca, dernier prince de Migna-no, et de Pierre de Médicis , frère deLéon X , noyé au passage du Gariglia-no. L’architecture de ce dernier mo-nument est d’Antonio de San Gallo,qui le commença en i53a. Les statuessont de Francesco, son neveu, et d’unsculpteur, Matteo Quaranta; Solosmode Settignano le termina en i334-

Nulle part je n’ai vu des archivesaussi bien logées et aussi bien tenues.Elles remplissent trois grandes salles,dans lesquelles sont des peintures fortbelles , et un grand nombre de di-plômes originaux, dont le plus anciendate de 8841 et vient d’Ajon, princedeBénévent. En tête de chaque diplôme,une miniature représente le prince cou-ronné assis, le sceptre à la main, oudebout, avec l’épée et le bouclier, etenvironné de soldats et de moines.C’est là que je vis la belle chaise demarbre rouge antique, artistement tra-vaillée, et trouvée à Minturnes dansle dix-septième siècle. La partie surlaquelle on s’assied est percée circu-lairement et entaillée sur le devant,comme celle d’un semblable siège quel’on voit au musée du Louvre, et quivient, je crois, de Rome . 11 servait àl’usage des bains et il a été, mal à pro-pos, le texte de conjectures ridiculesau sujet de la papesse Jeanne et del’installation des papes. Le musée, très-riche, possède l’un des meilleurs ta-bleaux de l’Albano et un Christ enivoire, morceau très-estimé de l’écoleflorentine. La bibliothèque renfermeplus de dix-huit mille volumes.

L’église souterraine (PL 78), diteTugurio , consacrée à saint Benoît et àsa sœur, dont les restes y reposent, ollredes peintures de Marc de Sienne, au-