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jourd’liui fort altérées par l'humidité.C’est là que, pendant l’hiver toujoursvif et piquant sur cette montagne, lesreligieux viennent officier. Le Tasse,allant à Rome recevoir le triomphe ety trouver la mort, séjourna quelquetemps au mont Cassin; il descenditdans cette église pour y vénérer saintBenoît, auquel il avait une dévotionparticulière.
Le moine me fit voir encore l’emplace-ment de la tour qu’avait habitée saint Be-noît; une chapelle inférieure, ornée enmosaïque, passe pour avoir été sacellule.
J’allais dire adieu au moine, lors-
qu’il m’engagea à accepter ma partd’un succulent repas, composé de pois-sons exquis et parfaitement apprêtés,qui me prouva qu’au moins ces bonspères savent faire une chère délicate,après quoi je redescendis à San Ger-mano, non sans plus d’une fois avoiradmiré le point de vue que l’on décou-vre, lorsque, placé sur les rochers es-carpés de la route tortueuse qui mèneau monastère, on plane sur les beauxvallons dans lesquels serpente le Ra-pido, divisé et subdivisé en mille ca-naux qui arrosent les riches posses-sions de l’ahbaye.
(Cet article nous a été communiqué par M. P’**.)
Ne pas comprendre les Abruzzes , laPouille et les Calabres dans un pano-rama de l’Italie , est une lacune quelaissent fréquemment à leurs voyagesMM. les touristes, et autres amis dela belle Italie , lorsqu’ils viennent seréchauffer à son soleil étincelant, etfouler sa terre chargée des riches dé-pouilles de deux âges, pères de deuxcivilisations diverses et de tout ce queles arts produisirent de plus grandioseet de plus séduisant. Cette lacune nousl’éviterons, et c’est pleins du désir dela combler que nous allons conduirenos lecteurs dans le comté de Molise d’abord, pour ensuite le guider autravers du sol pulvérulent, mais émi-nemment fertile, de la Pouille, et desverdoyantes et pittoresques Calabres .
Patrie des Samnites, le comté deMolise (dans lequel on entre lorsqu’onlaisse, à la distance de quelques lieuesseulement, l’heureuse Campanie ), con-traste d’une façon aussi douloureuseN.
qu’étrange avec cette province , laplus belle du royaume de Naples . Ari-de, sombre et labouré, ou plutôt crevas-sé parles volcans, qui eni8o5 encore,enlevèrent vingt mille de ses habitans,son sol, brûlant comme celui du Vé-suve , dit au voyageur qui vient l’ex-plorer : là vécut jadis un peuple queput seul anéantir la colère de Rome ,et qui ne disparut, après la guerre so-ciale , que parce qu’il fut sans clé-mence ainsi que sans justice. La confé-dération des Samnites existait dans lecomté de Molise , dont Isernia , danslaquelle nous entrons, était la métro-pole, comme Philadelphie l’est desEtats-Unis ; mais passons, sans tropnous arrêter, parmi ces ruines encorefumantes, et, poursuivant notre che-min parmi les décombres gisans à cha-que angle de ses rues et de ses placespubliques, pénétrons dans la premièredes Abruzzes , aussi riante qu’est tristele comté de Molise .