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La nature n’a pas moins doté l’Italie de ses beautés que les arts , dont ellepossède' les plus riches monumens, etc’est pourquoi elle est, par excellence,le pays des contrastes et des prodiges.Voyez comme, au sortir du sol désas-treux d’où nous sortons, tout changeautour de nous ! Le ciel se nuancedes plus éclatantes couleurs, l’air s’é-pure, et se dégage des vapeurs de l’hy-drogène carboné qui abonde autourdes volcans, l’horizon se dessine enlongues lignes ondoyantes, d’où sur-gissent les pics , les cônes , les dômes,aussi vastes qu’imposans des monta-gnes. Nous traversons une mer desables qui, en hiver, se change en merde glace ; mais après avoir franchi ilPiano dalle set te mille, « Plaine dessept milles, » naguères encore si re-doutable par ses brigands, nous enten-dons le chant des oiseaux, et voyonsjaillir des rochers environnans des eauxlimpides, et bientôt apparaît à nosyeux la ville, berceau du poëte qui,après Virgile , chanta le mieux l’a-mour , et ce nom ne dit-il pas tout ceque les Abruzzes ont d’inspirateur,dans Ovide qui les a illustrées etles in-vincibles Samnites qui furent ses con-citoyens !
Sulmone , où nous entrons, dit toutcela à l’œil du voyageur. Entourée demontagnes, comme Rome l’est de sessept collines, l’aspect en est mélancoli-que, mais elle est arrosée par des eauxabondantes, et couverte çà et là de peu-pjiers qui bruissent sous l’aile des zé-phyrs, et courbent leurs têtes gigantes-ques et pyramidales. On sentqu’Ovide a dùnaître en des lieux qui. eux-mêmes,sont pleins de contrastes et de poésie.
Popoli , bourg obscur et malpropre,apparaît après Sulmone , mais le dis-pute à cette ville pour sa situation ,une des plus pittoresques, non-seule-
lement de l’antique Samnium , mais detout le royaume de Naples : l’âge an-tique s’y groupe au moyen, et si lapatrie du chantre de Y Art HY Aimernous a rappelé l’un, Popoli rappelleon ne peut mieux l’autre. On diraitque l’Arioste est venu s’y inspirer deses souvenirs les plus chevaleresques,après que son devancier s’y est inspiréde ceux de la galanterie romaine, etles débris des manoirs qui parsèmentcette solitude où l’on n’entend que lebruit des torrens et les cris des aigles,accusent la présence de plus d’un che-valier , jadis le féodal tyran d’une con-trée fameuse. LàPescara, aux ondes li-moneuses, comme celles d’undesfleuvesde l’enfer mythologique , gémit entreles roseaux épais debout sur son ri-vage. Elle nous annonce l’antiqueTheate, actuellement Chieli , métro-pole des Abruzzes. Hâtons nos pas ,et bientôt nous saluerons cette mo-derne métropole , après avoir saluél’antique.
Rien n’est plus beau que la valléeprofonde à l’abri de laquelle on arriveà cette ville ; dominée par la Majella ,dont le sommet est couvert de neigesperpétuelles , le tableau qu’elle offreaux regards du voyageur est un pay-sage digne du Guaspre ou de ClaudeLorrain .
Une végétation aussi fraîche qu’elleest touffue sourit aux yeux, tandis quel’odorat est enivré de ses suaves éma-nations , et c’est après avoir erré parmides rangs épais d’oliviers qui croissentdans des champs, où les plantes lesplus aromatiques foisonnent, que l’onentre dans une cité dont le territoire,comme on voit, est fertile en richessesrurales.
Bien bâtie^ et possédant des palais etdes places publiques aussi larges qu’el-les sont nombreuses, Chieti compte