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Soutenir l’honneur (le leur pays futle seul sentiment qui guidait ces bravesen champ clos lorsqu’ils y furent cher-cher la mort, et les quatre Français qui y surgirent se firent tellement re-marquer par leur bravoure, qu’on les vitse faire un rempart des corps de leursgénéreux coursiers tombés à leurspieds, plutôt que de rendre leurs ar-mes.
Bisceglia , autrefois Kigilium, parcequ’elle servait de sentinelle au campdes Romains du temps de Pyrrhus , etMolfetta , sont deux villes opulentesque l’on trouve au sortir de Trani ;mais Molfetta l’emporte sur sa voisine,car elle est une des plus commerçantesde la Pouille et ne le cède qu’à Bari ,sa métropole, pour la richesse de sonterritoire.
Piscosi mœnia Bari , ville poisson-neuse, disait Horace, de cette citépeu distante de Yenusium sa char-mante patrie, et Bari est célèbre à plusd’un titre.
Un catapan, ou vice-roi des Grecs duBas-Empire, y fitlong-temps sa résiden-ce au nom de l’empereur son maître ; etqua^d de simples gentishommes nor-mands , fils du sire de Hauteville, l’enchassèrent, pour se fonder un trône dansla Pouille , TaDcrède et Boëmond, l’unillustre clans les Annales dramatiquesde France , et l’autre dans l’épopée duTasse, régnèrent dans une ville où l’oncroit entendre encore retentir leursnoms héroïques. Bari a une populationanalogue à l’inépuisable fertilité de laPouille , et sa cathédrale se fait remar-quer par le plus haut clocher de toutela contrée. L’église de Saint-Nicolasrenferme une chapelle souterraine tel-lement pittoresque et saisissante , quenous nous sommes empressés d’en re-produire l’effet aussi neuf que piquantdans la PI. 80. Des myriades d’oliviers,N.
au feuillage pâle et décoloré, ombragentde toutes parts les environs de cetteville animée et commerçante ; mais lamonotonie de leur teinte grisâtre estagréablement coupée par le vert écla-tant des orangers, des citronniers, quimarient leurs rameaux à leurs troncsépais et noueux. Ces ombrages sont onne peut plus secourahles au voyageursous un ciel tout de flamme, et ce n’estque là qu’il trouve la fraîcheur aussidouce qu’elle est rare : ils s’étendent àperte de vue, et l’on en est couvertjusqu’à Polignano et Monopoli , villeriante que l’on croit être l’antiqueEgnatiaou Egnaticulum , jadis célèbredans l’Apulie . Chaque bourgeois deschamps recueille ici plus de salmesd’huile que celui de la Campanie ,quelque féconde quelle soit en pam-pres, n’en recueille de vin. Mais il esttemps de nous diriger vers Brindisi (PI. 80), autrefois Brundusium , avantd’aller plus loin; car cette ville, quijadis eut tant de retentissement dansle monde romain , est empreinte de sesplus puissans souvenirs. De là, con-tinuant notre pèlerinage jusqu’à lagrande Grèce, nous atteindrons leterme de notre excursion.
Au bout d’une route, tantôt rianteparce quelle est fleurie, et tantôt im-portune parce quelle est poudreuse ,apparaît Brindes , où Rome tout en-tière se transporta, pour de là seruer avec ses légions , Pompée, César,et son sénat divisé, dans les plaines dePharsale , d’où elle ne surgit que poursubir le joug du plus dangereux de sescitoyens. Il en est des villes comme desindividus, et souvent leur seul aspectsuffit pour exprimer aux yeux du voya-geur intelligent les vicissitudes qu’elleséprouvèrent. Triste, et n’oflrant quedes ruines, de ce nombre est celle oùnous entions , fameuse à la fois par ses