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gloires et ses misères. Une colonnecolossale est d’abord ce qu’on y aper-çoit , puis des maisons d’où s’élancentdes toulïes de palmiers au feuillagetoujours vert ; des dômes, des clochers,se groupent à ce tableau architectural,et suffisent pour le rendre imposant etgrandiose. Brentus, fils d’Hercule , fut,dit-on, le fondateur de Brindes , oùdeux collines, séparées par une étroitevallée, s’élevaient pour en rendre l’in-térieur aussi pittoresque qu’il étaitvaste. Deux temples, l’un dédié àApollon et l’autre à Diane sa sœur, ybrillaient à l’envi, et c’est dans la placequ’occupait ce dernier que s’élève denos jours la cathédrale bâtie au dou-zième siècle par Roger, d’abord duc, etensuite roi de Sicile . Indépendammentdelà colonne, haute de soixante-troispieds, de laquelle nous venons de par-ler, deux autres, du fût le plus élégantet du marbre le plus pur, brillent àl’entrée du port, jadis rempli des tri-rèmes romaines. Virgile y mourut ,Agrippine y rapporta les cendres deGermanicus, et Cicéron qui y prome-na sa cruelle incertitude, alors qu’il at-tendait les sanglans résultats de Phar-sale, apparaissent successivement dansces murs, où l’on croit encore les voirerrer.
Au sortir de Brindes , fouler le solde l’antique Japigie , à laquelle unfils de Dédale donna son nom, est l’es-pace qui nous reste à franchir avantde quitter la Pouille. Lieux célèbresqui réveillent , comme on voit , lesplus grands et les plus touchans sou-venirs , Virgile les chante au troisièmelivre de son Epopée , et Lictius Ido-meneus , un des héros vainqueurs deTroie, fonda, dit-on , la cité dans la-quelle nous entrons, après un trajetaussi rapide qu’il a été riant.
Plus splendide encore que ne le sont
Barletta, Trani et Bari même, et placéeentre les mers Adriatique et Ionienne,Lccce possède, indépendamment de sonterritoire , aussi fertile qu’il est vaste ,des rues larges , aérées , bien pavées,et, entre autres monumens, un cloîtreappartenant à un ancien couvent dedominicains que l’on s’empresse devoir, tant l’effet en est saisissant etl’aspect grandiose ! Une place publiques’y fait aussi remarquer par une statuedu despotique Philippe II , ainsi qu’unvaste marché, dont nous donnons letableau àla8i c . de nos planches. L’o-live , l’orange , le safran, la plante dutabac, croissent en abondance autour decette ville, et elle doit les édifices , aussisolides qu’élégamment construits dontelle s’enorgueillit, au tuf, qui porteson nom, pierre aussi dure qu’elle estabondante. Ce fut dans cette ville quedescendit Augusle, alors Octave, lors-qu’il accourut d’Apolonie à la nouvellede l’assassinat de César , qui lui laissale monde pour héritage; Godefroi , undes douze fils du sire de Hauteville, enfit bâtir la cathédrale au douzième siè-cle. Tancrède, un de ses descendans,y naquit, et Frédéric II , prince ^iussicélèbre que malheureux, y fut élevéet la gouverna long-temps. Nous nesortirons point de Lecce sans prévenirnos lecteurs, qu’éloignée de la mer àune distance considérable, elle n’estpoint l’antique Salente qui existait,selon toutes les probabilités, au villageappelé Solelta , près des ruines d ’Hy-druntum et de Monopoli. Mais il esttemps de nous rendre à Otrante , citéqui, non moins illustre que celle oùnous sommes , nous invite à la vi-siter.
Au fond de la plus belle des Pénin-sules , lieu vulgairement appelé le Ta-. Ion de la Botte , c’est là que s’élèveOtrante , tellement proche de l’Epire ,