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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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ABRUZZES. POUILLE, CALABRES , etc.

que non-seulement on en voit le rivage,mais que Pyrrhus y voulut faire con-struire un pont qui aurait jointla Grè-ce à l'Italie : nous y entrons au journaissant, et n’avons qu’à nous féli-citer de la plus flatteuse et douce desvisites.

Il est peu de villes qui soit plus il-lustre qu’est Otrante , appelée jadis dunom grec d ’Hydrus ou Hydruntum , àcause des sources qui surgissent lim-pides sur son territoire. L’illustre se-crétaire de Théodoric, Cassiodore , luidonne encore celui de Tyr des Italiens ,ensuite de l’innombrable quantité demurex que nourrit la mer qui baigneses murailles, et l’on sait que ce co-quillage teint les étoffes du pourprele plus vif. Onze stades suffisaient àpeine dans ces temps à faire le cir-cuit de l’enceinte d’Otrante , que pro-tégeaient cent tours dont on voit en-core les restes dans notre 82°. planche.Mais tombée depuis ce temps du faîtede la gloire, le moyen-âge sonne le glasfunèbre de sa mort, et Mahomet II ,que ne craignirent pas de soulevercontre elle et Venise et Florence, ja-louses de sa fortune, après l’avoir faitassiéger par Géduc , un de ses ha-chas, l’ensevelit sous ses ruines, etdepuis ce temps Otrante n’eut pour seconsoler de sa chute que les richessesrurales de son territoire, un des pinsfertile de l’Italie . La vigne s’y marieau peuplier, le caroubier au palmier gi-gantesque , et l’on y voit briller ensem-ble , et la végétation de l’Europe etcelle de l’Asie ; mais la Grèce , sa voisi-ne, se restaure, Athènes se reconstruit,et les jours de prospérité reviendrontpeut-être. Toutefois n’oublions pas,avant de quitter cette ville, un traitde courage de l’un de ses défenseurs,digne de figurer à côté de celui desDécius et de Régulus.

Marco était le nom de ce citoyen;il commandait dans la cité quandGéduc en faisait, au nom de Maho-met , le siège. Déjà line grêle d’im-menses boulets de pierre avait presqueécrasé Otrante , et tout annonçait qu’elleallait succomber, quand Géduc en faitdemander les clefs au gouverneur parun parlementaire ; mais celui-ci, au lieude les donner, les jeta dans la mer, etdit au député d’aller porter cette nou-velle à son maître.

Mais, après Otrante, Tarente , dontles rivages sont les plus suaves detous ceux de ces belles contrées, nousinvite à l’aller visiter, gisante qu’elleest aussi dans la poussière : nous nousrendons aux vœux de l’illustre veuve,et , passant successivement devantMandurium , l’une des métropoles del’antique Messapie , et Monopoli, rian-te ville moderne, nous entrons dansses murs aussi humbles de nos joursqu’ils étaient jadis superbes.

Reine de l’Italie , avantqueRome sur-gît, pour l’opprimer et en agrandir lagloire, Tarente était majestueusementassise aux bords de son golfe, qui ledispute d’étendue et de beauté aveccelui de Naples . Tara, fils de Neptune,en fut le fondateur, et Phalante, jeunehéros, envoyé de Sparte , vint en ac-croître la puissance en y versant le tropplein de la population de sa patrie;depuis ce temps jusqu’aux jours oùRome devint à son tour florissante, lafortune ne cessa d’ajouter à la gloirecomme au bonheur de Tarente . Destemples, des palais, des forums et desthéâtres s’élevaientde toutes parts dansson enceinte, et métropole de la confé-dération des républiques de la grandeGrèce , Architas, à la fois poëte, ora-teur, géomètre, philosophe et grandcapitaine, non-seulement la gouver-nait, mais quand Platon vint le visi-.