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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE.

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ter, il conduisait àla victoircles essaimsde fantassins et de cavaliers cfu’clienourrissait dans ses murs. BientôtRome devint jalouse de tant de gran-deur et de tant de gloire , et déjà toutepuissante il fallut, pour la combattre,appeler d’abord Alexandre Molosses ,roi d’Epire , et ensuite l’habile et in-trépide Pyrrhus , l’un de ses succes-seurs. Le compagnon de Cincas futvaincu par Fabricius; Annibal lui suc-céda dans sa liaine comme dans sa for-tune, et Fabius Maximus vengea Romeen étouffant sa rivale. Il l’assiégeaet l’arracha aux mains du héros car-thaginois, et Tarente vit non-seule-ment traîner en esclavage trente millede ses citoyens, mais les monumensde ses arts allèrent, tels que ceux deCorinthe , embellir la ville éternelle;la statue colossale d’or, ouvrage del'immortel Lisippe,fut de ce nombre, etelle cessa d’appeler l’univers civilisédans la grande Grèce. En vain les bar-bares vinrent plus tard venger Tarente en se ruant sur Rome , que telle qu’unevictime ils immolèrent; Tottila l’enlèveaux Grecs de Constantinople, et Narses à Tottila, sans la rendre plus heureuse,et pour combler ses infortunes dans lemoyen-âge , comme Rome les avaitcomblées dans l’ancien, le roi sangui-naire , qui causa par sa tyrannie lesvêpres sanglantes de Sicile , fit pesersur elle son sceptre de fer, sans querien la soulage de ses disgrâces !

Mais que dis-je ! le Galèse, auxbords duquel Virgile composa plusd’une de ses Bucoliques, et ses coteauxoù croissent encore des pampres rivauxde ceux de Falernes, chantés par Ho-race, lui restent avec son ciel suave,l’air balsamique que sa végétation ex-hale , et les innombrables essaims depoissons, tous exquis que lui fournis-sent tant sa grande que sa petite mer,

et nul n’est malheureux avec de telstrésors.

Nous ne quitterons pas Tarentesans rappeler ce qu’en dit l’amant deLalagé :

Ille terrarum mihi præter omnesAngulus ridet; ubi non HymetteMella decedunt, viritlique certatBacca Venafro.

Ver ubi longum, tepidaque præbetJupiter brumas; amicus Aulon,

Fertile Bacclio, minimum falernisInvidet uvis.

Ille te raccum locus, et beatæ, Postulant arces : ibi tu calentemDébita sparges lacryma favillamVatis amici.

Ce petit espace de terre m’est plus agréableque tout autre pays ; le mont Hymette ne pro-duit pas de meilleur miel, ni Venafro d'olivesplus délicates ; le printemps y est presque con-tinuel , et le père des saisons y tempère le froidpendant les hivers; aussi les vins qu’on cueilledans les environs et sur le coteau d’Aulon, sifavorisé de Bacclius, ne le cèdent-ils en rien auxvins de Falerne.

Après unenavigation de vingt-quatremilles d’étendue, faite sur le vaste ettranquille golfe de cette ville , si vousdescendez à l’embouchure du Casiento,qui est l’ancien Metapontus , là voustouchez au sol qui dispute avec Samos ,Philiunte et Tyr, l’honneur d’avoirdonné le jour à Pythagore , et vousvous investissez de la magie des pluspuissans souvenirs.

Antoine et Auguste , se disputant lemonde, vous apparaissent dans ceslieux. L’infortunée et tendre Octavieparvint à les y réunir afin de les ré-concilier. Antoine sauta dans un es-quif qui était au bord du fleuve, ettandis qu’il le traversait , Auguste vint à sa rencontre dans un autre ba-teau. Les deux armées des maîtres dela terre,rangées en bataille sur les bordsopposés du Casiento, les suivirent àTarente, où Antoine consentit de serendre pour convenir, avec son co-