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cherche en vain la force nécessaire pourobserver ce qui se passe autour de lui. Toutce dont il se rappela ensuite, c’est qu’iltomba la tête la première dans l’abîme quis’ouvrit sous lui, et y resta suspendu , lacuisse prise entre deux poutres. Tout àcoup , et au moment même où , couvert desdécombres de sa maison en ruine, il est prèsd’être étouffé par la poussière qui tombe detoute part sur lui, une oscillation contraireà celle dont il est la victime écarte les deuxpoutres qui l'arrête , les élève à une grandehauteur, et les jette avec lui dans une largecrevasse, formée par les décombres entassésdevant la maison. L’infortuné médecin enfut quitte, toutefois , pour quelques vio-lentes contusions et une terreur facile àconcevoir.
» Une autre maison de cette même villefut le théâtre d’une scène plus touchante,plus tragique encore, et qui, grâce à lamême circonstance, n’eut pas une fin plusfuneste.
» Don François Zâppiaet toute sa famillefurentcomme emprisonnés dans l’angle d’unedes pièces de cette maison, par suite de lachute soudaine des plafonds et des poutres.L’étroite enceinte qui protégeait encoreleurs jours était entourée de manière qu’ildevenait aussi impossible d’y respirer l’airnécessaire à la vie que d’en forcer les mursartificiels. La mort, et une mort aussi lentequ’affreuse, fut donc pendant long-tempsl’unique espoir de cette famille infortunée ;déjà même chacun d’eux l’attendait avecimpatience, comme le seul remède à sesmaux. L’événement le plus heureux, commele plus inespéré, met fin à cette situationaffreuse : une violente secousse rompt lesmurs de leur prison, et, les soulevant avecelle, les lance à la fois en dehors. Aucund’eux ne perdit la vie.
1 . » Les arbres les plus forts ne furent point
exempts de cette migration étrange ; l’exem-ple suivant en fait foi. Un habitant du bourgde Molocliiêllo, aux environs de cette mêmeville, Antoine Avâti, se réfugie sur un châ-taignier d’une hauteur et d’une grosseurremarquables. A peine s’y est-il établi quel’arbre est violemment agité ; tout à coup ,
arraché du sol qui couvre ses énormes ra-cines, l’arbre est jeté à deux ou trois centspas de distance , où il se creuse un nouveaulit ; tandis qu’attaché fortement à ses bran-ches , le pauvre paysan voyage avec lui dansles airs ; et avec lui voit enfin le terme duvoyage !
» Un fait à peu près semblable, et qui,bien que se rattachant à une autre époque,mérite cependant d’être ajouté aux exemplesprécédemment cités des tremblemens deterre par bondissement ; ce fait, dis-je , setrouve rapporté dans une vieille relation dutremblement de terre de i65g. Le P. Tho-mas de Rossâno, de l’ordre des Dominicains ,dormait tranquillement dans l’intérieur ducouvent, à Soriâno. Tout à couple lit et lemoine sont lancés, par la fenêtre, au milieude la rivière Yêsco ; le plancher suit fortheureusement le même chemin que le lit etle dormeur, et devient le radeau qui lessauve. L’historien ne dit pas si le moine seréveilla en route.
» Il est faux que les manuscrits découvertsparmi les ruines , soit de la ville de Terra-Nova , soit d’aucune des villes détruites parce même tremblement de terre, portent au-cune marque de maculations ni de trous ^comme quelques - uns l’ont effectivementsoutenu. Les seuls signes particuliers qu’ony remarque sont l’effet naturel du froisse-ment de ces manuscrits, et de leur chuteparmi les décombres.
» La ville de Casalnôvo ne fut pas plusépargnée que celle de Terra-Nova : égli-ses , monumens publics, maisons parti-culières, tout fut également détruit. Parmila foule des victimes, on peut citer la prin-cesse de Garâce, dont le cadavre seul futretiré du milieu des ruines, offrant encorela trace de deux larges blessures ; particula-rité qui, heureusement, paraîtrait démen-tir le bruit qui courut alors, quant au longintervalle qui se serait écoulé entre l’épo-que de sa disparition et celle de sa mort.Cette malheureuse femme emporta avec elleles regrets de tout le pays.
» La ville d’Oppido, qui, s’il faut en croirele géographe Cluverius, serait l’anciçnneMamertum ; cette ville, dis-je , eut le sort