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table concurrence. Ces fabriques la ba-lancent et ne la redoutent pas : en 1812seulement les cotons ont rendu auroyaume de Naples plus de vingt mil-lions de francs.
Dirigé sur la Provence, qui trouveses avantages à l’exploiter, le chanvrede la terre de Labour, si justement es-timé, parce qu’il est à la fois moelleuxet d’une couleur dorée, est acheté engrains par l’Angleterre et l’Allemagne ,pour en obtenir chez elles les produitsaussi précieux qu’ils y sont rares.
Produit spontané du royaume , lagarance promet d’autant plus d’ajou-ter à ses richesses rurales, qu’elle yest d’une qualité supérieure, d’unecouleur aussi claire que vivace, etquelle y donne aux bestiaux un four-rage dont là, plus qu’ailleurs, ils ontsouvent besoin.
Des fabriques de draps de moyennequalité sont nombreuses autour de lacapitale ; carie royaumeabonde, commeon sait, en troupeaux nomades. Mieuxtravaillées, mieux tissues, les lainesde ces animaux ne tarderont pas d’endonner de supérieures; et d’ailleurs,des mérinos ayant été introduits parles soins du prince de Butera , en per-fectionnent déjà les races, et par suiteles toisons.Une compagnie œnologiques’étant formée dans Naples , son butn’est pas moins de perfectionner sesvins que ses eaux-de-vie. Les succès lesplus heureux ont été le résultat de sestravaux; et, tandis que l’on publiaitque les vins du royaume ne pouvaientsupporter la mer, elle est parvenue à1 en envoyer jusqu’au Brésil , où ils sontaussi désirés que les vins des autrespays, et, grâce à l’alambic à distilla-tion continue, les spiritueux Napoli-tains rivalisent ceux de la France mé-ridionale.
verrerie compte encore des progrèsdans le royaume; elle s’unit à la cha-pellerie, la ganterie, la tannerie, lapapeterie, et même l’imprimerie, pourdonner un développement plus large àson commerce et à son industrie. Desmachines hydrauliques propres à cla-rifier, et dès lors à perfectionner sesinnombrables produits en huiles, ajou-tent à cet état de prospérité; inférieuresjusqu’ici aux huiles de Tunis , cellesde Bari rivalisent avec elles de bonté,tandis que celles de Sorrento sont tou-jours sans égales.
Il suit de tout ce que nous venonsde dire, que le prix de la main-d’œuvre,dans le royaume, est en raison directede la valeur des denrées, et que l’ou-vrier dans les villes, le journalier dansles campagnes, jouissent d’un sortaussi doux qu’il est pénible ailleurs.Un franc par jour, dans les temps dela plus grande cherté du pain , lui suf-fit pour exister avec sa petite famille,et dans les temps d’abondance, quisont les plus communs , le double luisuffit pour toute une semaine, ce quis’explique par l’absence du besoin , devêtemens chauds et coûteux, et dechauffage dans un climat perpétuelle-ment tempéré.
Les mœurs, dans le royaume de Na-ples , sont douces et polies, non-seule-ment dans les classes élevées et moyen-nes, mais dans la classe pauvre. Partoutl’étranger, le voyageur , sont accueillisavec le sourire sur les lèvres et la joieempreinte sur la figure ; heureux effetsdes influences climatériques , plus en-core que celles de l’éducation , qui esten général négligée. L’ignorance qui,plus que jamais, est le fléau des na-tions , n’est que trop malheureusementle triste lot cl’un peuple, d’ailleurs pleinde vivacité, d’esprit même, et d’intel-ligence.