en été clans ce lieu ; et la meule en ques-tion, soutenue par un fort pilier (le pierre,était entourée d’un banc semblable. Aumoment de la secousse du 5 février, lesbranches de l’oranger deviennent le refuged’un homme, qui, fuyant épouvanté, s’yblottit ; et, par l’effet de cette même secousse,le pilier, la meule, le banc, l’arbre et l’hom-me sont soulevés et portés à un tiers delieue au delà.
» Quant à ce dernier fait, je n’en répondspoint comme de tous les autres, il n’estfondé que sur de simples bruits publics ;mais, faux ou vrais , il n’est ni plus inoui,ni moins croyable que ceux-ci. La destruc-tion de Bagnâra présente au philosophe etau naturaliste des faits moins merveilleuxpeut-être, mais non moins intéressans. Pen-dant le cours des commotions de la terre ,toutes les sources et fontaines de cette villefurent subitement desséchées. Les animauxles plus sauvages furent frappés d’une sigrande terreur, qu’un sanglier, échappé dela forêt qui dominait la ville, se précipitavolontairement du haut cl’un roc escarpé ,au milieu de la voie publique. Enfin on re-marqua que, par un choix sans doute inex-plicable , la nature se plut à frapper le sexele plus cher et le plus délicat ; et que parsuite d’une prédilection plus bizarre encore,elle s’en prit à la portion de ce sexe la plusbelle et la plus précieuse : toutes les jeunesfemmes périrent : les vieilles furent seulessauvées.
» Tels furent les traits principaux du fléau ;telle fut la situation des victimes ; telle estla destruction fatale où celui-là laissa aprèslui les Calabres ; tel est enfin , au bout detrente-cinq années de calme, l’état où cepays est encore (i). »
Ajouter des réflexions aux terriblesrécits qu’on vient de lire, serait moins
(i) Nous saisissons l’occasion de la citation quenous faisons du voyage de M. de Gourbillon enSicile , pour rendre hommage à cet auteur aussiéquitable qu’il est judicieux dans sa critique.Nous avons préféré sa narration si riche defaits intéressans à celles que nous offraient etle rapport même dont il est tiré et les récits deDolomieu et d’Hamilton.
( Note de l’Éditeur. )
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en augmenter l’effet que l’alïaiblir. Etnous allons terminer notre excursiondes provinces, par un coup d’œil ra-pide sur leur industrie agricole, ma-nufacturière, et sur leurs mœurs.
La nature, dans ce royaume, a ététellement prodigue de ses dons, qu’iln’y a point encore eu d’exemple de laperLe totale d’une récolte. En 1816,lorsque l’Europe subit une disette aussiimprévue qu’eflrayante, il se suffit àlui -même par la seule addition d’unsecours qu’il obtint en blés d’Odes-sa , auxquels il n’eût point eu re-cours sans les exportations considé-rables de ces céréales , que leur abon-dance lui avait permis de faire. Cesexportations épuisèrent la Pouille aumoment où, trompé par de brillantesapparences, on s’attendait aux plusopulentes moissons.
D’après les progrès que l’industriea faits, non-seulement dans Naples ,mais dans tout le royaume, la filaturedes soies s’est tellement perfectionnée,que leurs produits se vendent à Lyon ,et même à Londres , à un prix plusélevé que les soies lombardes, qui sontles plus estimées de toute l’Italie , etce progrès va toujours en augmentantloin de diminuer. Qui le croirait? Rea--gio et sa province comptent soixantefilatures de soies indigènes ! On pré-fère en Allemagne, et même en Amé-rique, les soies à coudre de Naples àcelles de Lyon et de Paris .
Mêmes progrès, et dès lors mêmesavantages, dans les cotons que four-nissent plus particulièrement les envi-rons du Vésuve ; ils alimentent, au-tour de la métropole, une foule defabriques, dont les filatures le disputentde perfectionnement et d’activité àcelles des soies, même alors que lescotons de l’Egypte , du Bengale et del’Amérique leur opposent leur redou-