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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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NAPLES .

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vrages de l’Espagnolet, et une superbeAdoration des Bergers par le Guide. Lecloître (PL 91 ), orné de colonnes do-riques , est d’une belle architecture.La chartreuse de Saint-Martin rivaliseavec celle si célèbre de Pavie ; maiselle l’emporte indubitablement commechose unique en Italie par sa délicieuseposition. Du belvédère on plane surNaples , quel’onvoit très-distinctement,et dont les édifices sont disposés de ma-nière à ne rien faire perdre de leur as-pect. Plus loin on aperçoit d’un côtécette riante côte de Pausilippe , la ri-vière de Chiaja, puis encore Pizzo Fal-cone , colline sur laquelle les maisonsentassées forment un groupe tout-à-fait pittoresque, et qui vient se termi-ner brusquement à la langue de terredu Château-de-l’OEuf, qui sembleen avoir été détaché. De l’autre lepalais, le port, l’ancienne ville , auloin Portici, les Torre, le Vésuve , laCampanie et jusques à Caserte . Onentend le bruit des rues, les cris dela populace , le roulement des voi-tures.

M. Valéry a observé ici une bizarre-rie qui provient tout à la fois d’unefaute de l’administration et du caractèreinsouciant des voisins du Vésuve : desinvalides, parmi lesquels il y a beau-coup d’aveugles, occupent la chartreusede Saint-Martin, et la poudrière, l’u-nique du royaume, est placée à la Torredélia Nunziata, au pied du Vésuve ,bourg de huit mille âmes, construitsur la lave; lors d’une des dernièreséruptions il fallut se bâter de l’enlever !

Sur la chaîne de collines élevées quicouronnent Naples est situé aussiCapo di Monte , résidence royale, pa-lais mal construit et non terminé, peut-être parce qu’on s’est aperçu, un peutard, qu’il n’y avait point d’eau. Lacour n’y va guères que pour respirer

l’air le plus pur, pour la chasse et pourjouir d’un magique panorama.

La situation de la ville en amphi-théâtre, et ses édifices élevés, présen-tent beaucoup de ces points de vue.Un autre très-intéressant est celui dela Tour des Carmes, Torrione del Car-mine (PI. 87) ; là c’est la ville sous unautre aspect. A droite est le môle etsa lanterne, au-dessus le palais du roi ,le Cbâteau-de-l’OEuf ; à gauche la Ma-deleine : cette distance de l’une à l’autrede ces deux quasi-extrémités de la villeest de plus d’une lieue.

Au pied de la tour est le Largo delMercato , place du Marché, la plus an-cienne et la plus animée de Naples ,et décorée dans son centre d’une fon-taine , œuvre du cavalière Cosmo. C’estlà que le lundi et le mercredi affluenttoutes les richesses de cette terre pro-mise , et qu’arrive tout l’approvision-nement de la ville. Là se font aussi lesexécutions. Autrefois la potence y étaiten permanence ; maintenant qu’on luia substitué le genre de supplice adoptéen France , l’instrument n’est plus dres-sé que le jour où il est nécessaire, enface d’une petite rue appelée Vico delSospiro , parce que c’est de là que lepatient l’aperçoit.

Cette place vit le supplice de l’in-fortuné Conradin et de son cousin Fré-déric d’Autriche, et sur le lieu mêmede l’exécution fut bâtie une petite cha-pelle où leurs corps restèrent dépo-sés , jusqu’à ce qu’ils fussent transpor-tés dans la petite église des Carmes,par les soins d’Elisabeth d’Autriche,mère de Conradin . Cette malheureuseprincesse s’était mise en route pourpayer la rançon de son fils, et le retirerdes mains de Charles ; mais, hélas ! ar-rivée trop tard, elle n’eut que la con-solation d’embrasser ses restes. Elleemploya à l’agrandissement de l’église