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et à la sépulture de son fils les tré-sors qui avaient été destinés à le ra-cheter. Les corps furent ensevelis der-rière le maître-autel, et sur le marbrequi recouvre un des murs latéraux selit leur épitaphe.
La chapelle principale est gothique;autrefois obscure, elle est aujourd’huitrès-éclairée, et ornée de marbres. Ony voit un portrait de la Vierge sous lenom de Sainte-Marie la Brune, que,de la meilleure foi du monde, on vousassure être de saint Luc l’évangéliste.
Dans l’église est le Christ, qui cour-ba la tête pour éviter un boulet lancépar l’artillerie d’Alphonse d’Arragon,en i43g. Ce boulet fracassa la coupole,renversa le tabernacle, jeta à terre lacouronne d’épines que le Christ avaità la tête , et s’arrêta dans la porte. Ona mis un morceau de marbre au trouqu’il fit.
Le Largo del Mercato a été le princi-pal théâtre de la révolution de Masa-niello, dont nous allons bientôt parler.
C’est sur cette place que l’on peutmieux juger le peuple de Naples , c’estlà que j’ai le plus souvent observé leLazzarone.
Dire à quelqu’un : Il existe un êtregai, insouciant, dépensant la vie sanspenser au lendemain; isolé au milieude la civilisation, fils de la nature, par-courant des rues populeuses, l’été sansl)as, sans souliers, avec un simple ca-leçon de toile, exposé à un soleil ar-dent qui a rougi sa peau; l’hiver avecun vêtement de laine qui abrite sesépaules et les préserve du piquant duvent du nord : dont les repas se fontdans la rue : dont le lit est la simplepierre, et le firmament étoilé le daissous lequel il repose : qui cependanttrouve encore dans son sommeil desrêves de bonheur; ce serait provoquerun sourire d’incrédulité. Cet être
existe pourtant, Naples est sa patrie,c’est le Lazzarone. Cependant il nemérite plus ce nom, puisqu’il a renoncéen partie à sa sauvage nudité.
Une masse de gens oisifs, sans in-dustrie, qui effraierait tout gouverne-ment , à Naples n’inspire aucune ter-reur. On y a vu avec indifférence trentemille et plus de ces existences lancéesà l’aventure, et vivant d’avenir. C’estque le climat supplée à tout. Il vêtitl’homme, dit Dupaty, et cette terreprodigue se charge de le nourrir, sansque lui-même y songe ; il se réchauffeà son soleil, et sans inquiétude et sansambition attend qu’un jour succède àl’autre.
La journée commence-t-elle ; commel’oiseau matinal, sans peine abandon-nant sa couche, il fait retentir l’air deses chants ; prompt à vous faire accep-ter ses services, mille fois il a trouvél’art de se rendre nécessaire. En avez-vous besoin, il est là ; pouvez-vous vouspasser de lui, il est encore là. Son ima-gination vous crée des besoins et sonesprit vous persuade; j’en ai vu un sechoisir un patron, venir chaque matinle saluer, puis à la fin de la semainelui demander le salaire des vœux qu’ilavait faits pour lui.
Mais la journée tire à sa fin, la brisede mer vient régner sur la plage, laterre envoie aux airs embaumés lesémanations de mille fleurs, voyez leLazzarone assis sur le rivage, entendezses chants, ils décèlent une âme exemptede peines. Ce n’est pas cette joieosant à peine se manifester ; ce sont deséclats bruyans ; né dans le fracas il fautdes cris à son oreille. Ame neuve, sesjouissances ne sont point émoussées ,un rien le touche, le divertit, si ce rienparle à son imagination.
Oh ! que Rinaldo sur le môle, et sonbal improvisé, lui procurent de douces